Les tests PCR sont disponibles en Algérie qui s’apprête aussi à renforcer ses capacités en la matière. C’est ce qu’a fait savoir le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) Dr Faouzi Derrar. Le renforcement des capacités de dépistage du coronavirus passe par la mise à disposition de deux éléments essentiels que sont les équipements et les kits de dépistage.
Pour ce faire, l’IPA s’apprête à «acquérir des équipements médicaux développés contribuant à effectuer 2 000 tests de dépistage par jour». Outre ces équipements devant être réceptionnés prochainement, l’Institut Pasteur a lancé un appel d’offres international pour l’acquisition d’importantes quantités de tests de dépistage PCR afin de renforcer ses capacités en la matière», a déclaré Dr Derrar dans un entretien à l’APS, mais sans spécifier la quantité. Il a assuré que les tests sont «disponibles» actuellement et que «l’affluence des malades vers les hôpitaux se situe autour de 30 à 40 demandes par jour». Ce qui dénote, selon lui, «une baisse de la demande de tests PCR par rapport aux mois précédents». Les assurances du Dr Derrar viennent quelques jours après que des doutes eurent été émis sur les capacités de dépistage et sur le fait qu’on ne teste que les cas symptomatiques au lieu d’aller vers un dépistage plus large.
A ce propos, il a tenu à rappeler que la stratégie en matière de dépistage adoptée par l’Algérie est la même que celle suivie dans plusieurs pays du monde, à savoir «l’utilisation des tests PCR en ciblant les cas symptomatiques, les cas contacts et les malades chroniques». Toujours sur le chapitre de dépistage, le premier responsable de l’IPA a indiqué que le pays jouit actuellement de 36 laboratoires qui effectuent les tests PCR, répartis entre secteurs public et privé. En outre, d’autres laboratoires seront ouverts prochainement pour assurer une plus large couverture dans toutes les régions. Il s’agit probablement des 24 laboratoires sur lesquels s’est exprimé cette semaine le ministre de la Santé et à propos desquels il a fait savoir qu’une convention a été signée avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Dr Derrar a souligné, par ailleurs, que «suite à la stabilité enregistrée dans le nombre des contaminations et la levée progressive du confinement pour un retour à la vie normale, l’IPA a procédé, durant les derniers jours, à des dépistages PCR sur les athlètes appelés à participer aux compétitions internationales, ainsi que les clubs qui préparent la prochaine saison sportive».
Le Dr Derrar s’est également exprimé sur «les supposées mutations génétiques du virus propagé en Algérie», assurant que «l’IPA échange depuis le début de la pandémie des informations avec des laboratoires de référence de par le monde conformément à leurs cahiers des charges». «Les informations échangées ne font pas état de mutations majeures», a-t-il indiqué. Ce spécialiste en virologie a tenu à noter, cependant, que «seul un vaccin permettrait de réduire la prévalence du virus. C’est la meilleure arme pour endiguer la pandémie».

Grippe saisonnière, 2,8 millions de doses bientôt disponibles
L’Algérie importera incessamment 2,8 millions de doses de vaccin antigrippal en prévision de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, qui débutera fin octobre à l’instar des autres pays du monde, a, par ailleurs, annoncé le Directeur général de l’IPA. A une question sur une possible hausse de la demande en cette année exceptionnelle, en raison du coronavirus, il a répondu que «tout reste possible». Le virus de la grippe saisonnière «pourrait être plus virulent que la Covid-19 et inversement», a-t-il ajouté, rappelant le recul de la grippe saisonnière l’année dernière, durant les mois de février et mars, en raison de la propagation du nouveau coronavirus. Il a, toutefois, expliqué que «les deux virus pourraient bien cohabiter et se propager au même rythme et que le vaccin contre la grippe saisonnière ne protège pas contre le coronavirus». D’où l’«impérative vaccination contre la grippe saisonnière des catégories cibles, notamment les corps médical et paramédical, les personnes âgées et celles dont l’immunité est déficiente» comme «les femmes enceintes, les malades chroniques et les enfants», selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui fait état de 600 000 décès par an à travers le monde et près de 5 millions d’hospitalisations dus à la grippe saisonnière. Il a fait remarquer que la propagation du nouveau coronavirus est à l’origine du retard enregistré dans l’importation du vaccin antigrippal et du lancement de la campagne de vaccination, tout comme dans d’autres pays à travers le monde. Tout en rassurant que «la quantité importée sera identique à celle utilisée durant les précédentes années, de manière à répondre à la demande des citoyens, d’une part, et éviter un excédent de stock inutilisable, d’autre part». <