Une échéance pour voir les premiers lots de vaccins contre le nouveau coronavirus arriver en Algérie dans le cadre de l’initiative Covax à laquelle adhère l’Algérie semble se dessiner selon les déclarations des responsables de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En effet, l’OMS et l’Alliance pour les vaccins (Gavi) espèrent pouvoir effectuer «les premières livraisons aux pays défavorisés» adhérant à Covax au premier trimestre 2021, tandis que la livraison de l’ensemble de la première tranche de doses sera effectuée au premier semestre.
Le mécanisme Covax mis en place par l’OMS et ses partenaires s’est fixé comme objectif de disposer de «2 milliards de doses de vaccins d’ici à la fin de 2021», a déclaré vendredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse, rappelant que ledit mécanisme (Covid-19 Vaccine Global Access ; accès mondial au vaccin contre le Covid-19) compte actuellement 190 pays, dont 92 à revenu faible et intermédiaire.
L’OMS et Gavi estiment, ainsi, qu’il est désormais possible de «planifier les premières livraisons de vaccins au cours du premier trimestre 2021, la première tranche de doses – suffisante pour protéger les travailleurs de la santé et des services sociaux – étant livrée au cours du premier semestre 2021» aux pays ayant demandé des doses dans ce délai. Reste à savoir si l’Algérie sera incluse pour recevoir les premières doses au premier trimestre ou au deuxième trimestre, sachant qu’elle est classée parmi les pays à revenu intermédiaire. D’autres livraisons à tous les participants suivront au cours du second semestre, l’objectif étant de fournir des doses pour environ 20% de la population des pays participants avant la fin de l’année. Des doses supplémentaires permettant d’atteindre des niveaux de couverture plus élevés seront disponibles en 2022.
«Ce qui nous importe au-delà de tout, c’est de garantir à nos concitoyens un vaccin qui présente efficacité et sécurité, c’est ce qui explique la prudence et la non-précipitation de l’Algérie. Et la démarche prônée jusqu’à présent par les autorités sanitaires et le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie ainsi que les autres parties impliquées va dans ce sens», estiment les professionnels de la santé, qui énumèrent tout le travail abattu jusqu’à présent dans la cadre du choix du ou des vaccins que l’Algérie devra acquérir, citant les contacts permanents aussi bien avec l’organisme Covax qu’avec les probables partenaires avec lesquels le pays mène des consultations indépendantes. Cela outre le suivi permanent de tout ce qui se fait à travers le monde, à savoir les publications des différents laboratoires, leurs communiqués, etc.
L’OMS a, toutefois, averti que les livraisons de vaccins évoquées «dépendent de plusieurs facteurs, tels que les approbations réglementaires et l’état de préparation des pays». Elle a fait savoir avoir signé jusqu’à présent des accords avec trois laboratoires, à savoir AstraZeneca, Novavax et Sanofi-GSK qui n’ont pas encore été autorisés par les autorités nationales. AstraZenaca, rappelle-ton, est le premier laboratoire à avoir publié les résultats de son vaccin, tandis que Sanofi-GSK verront leur produit prêt vers la fin de 2021.
Moderna obtient le feu vert de la FDA
Vendredi soir, l’OMS a ajouté un autre laboratoire à sa liste. Elle a signé avec le géant pharmaceutique américain Johnson & Johnson un contrat portant sur 500 millions de doses du candidat-vaccin Janssen qui, lui non plus, n’a pas encore été autorisé. Pour pouvoir garantir les 2 milliards de doses ciblées d’ici à la fin de l’année, l’OMS mène également des discussions avec Pfizer dont le vaccin a été autorisé par plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
Elle mène aussi des discussions avec le laboratoire américain Moderna, qui a obtenu hier «une autorisation en urgence de son vaccin contre le Covid-19», a annoncé la FDA, l’Agence américaine des médicaments. Comme pour le vaccin de Pfizer-BioNTech, autorisé il y a une semaine, le feu vert de la FDA est intervenu sans trop attendre, soit au lendemain de l’avis favorable d’un comité d’experts américains.
Par ailleurs, la Suisse a autorisé l’utilisation du vaccin contre le Covid-19 fabriqué par les laboratoires Pfizer-BioNTech, a annoncé hier l’autorité de régulation sanitaire nationale Swissmedic. «Après un examen méticuleux de l’information disponible, Swissmedic a conclu que le vaccin contre le Covid-19 de Pfizer-BioNTech est sûr et que ses avantages l’emportent sur les risques», est-il indiqué dans un communiqué.
Parmi les laboratoires avec lesquels l’OMS a signé des contrats et dont les résultats sont connus après avoir été publiés, il y a le laboratoire AstraZeneca qui est déjà présent en Algérie et dont les responsables ont déjà été reçus par le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, dans le cadre des consultations menées pour l’acquisition de l’anti-Covid-19 depuis l’été dernier. «Le vaccin de ce laboratoire présente, si l’on peut dire, l’avantage d’être un vaccin à base de virus mort et non à l’ARNmessager dont nous ne connaissons pas les effets jusqu’à l’heure», déclarent les professionnels de la santé, qui estiment son choix «possible», d’autant que «ses conditions de conservation et de distribution répondent au système et aux infrastructures que nous avons dans le pays, nécessitant une réfrigération et non pas les contraignantes conditions de congélation».