L’Algérie a procédé à une notation des vaccins selon les critères qui lui permettront d’effectuer une sélection des antidotes les plus adaptés au système vaccinal du pays. Pour l’heure, trois vaccins sont retenus par l’alliance Covax à laquelle l’Algérie a adhéré.
L’initiative Covax a annoncé avoir assuré des doses pour trois types de vaccins, mais aucun nom de vaccin, de laboratoire ou de pays fabricant n’a cependant été divulgué. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a fait cette annonce, a indiqué que l’alliance contre le coronavirus lancée par l’OMS et baptisée Covax (Covid-19 Vaccine Global Access, soit accès mondial au vaccin contre le Covid-19) a obtenu «700 millions de doses de trois types de vaccins».
Pour l’heure, aucun vaccin n’a encore obtenu l’homologation de l’organisation onusienne sanitaire et les pays adhérant à Covax n’acquerront pas un vaccin qui n’a pas le quitus de l’OMS vu la sensibilité du sujet sur plusieurs plans, notamment en ce qui concerne «l’efficacité» et «les effets secondaires» pour lesquels il n’y a pas suffisamment de recul. C’est le cas de l’Algérie qui s’est inscrite dans cette démarche, comme nous l’ont déclaré plusieurs professionnels de la santé ainsi que les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus. «La sécurité sanitaire passe avant tout, et l’Algérie n’achètera qu’un vaccin qui soit efficace, qui aura obtenu l’homologation de l’OMS ainsi que l’autorisation de mise sur le marché. Il faut aussi qu’il soit administré dans le pays où il est fabriqué», a-t-on souligné à maintes reprises.
Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a renouvelé la position de l’Algérie de poursuivre ses démarches dans le cadre de l’initiative Covax pour l’acquisition du vaccin anti-Covid-19, à l’issue de la réunion du Comité scientifique qu’il préside tenue jeudi pour étudier les critères de choix du vaccin, soulignant que c’est «un cadre qui permet aux pays adhérents de bénéficier d’un vaccin qui garantit sécurité et efficacité et dès sa mise sur le marché».
Après les annonces d’une dizaine de laboratoires de la mise au point de leurs vaccins, avec des taux d’efficacité égaux ou assez proches, atteignant les 95%, l’Algérie est en dernière ligne droite avant de pouvoir fixer son choix. C’est ainsi que le Comité scientifique a procédé à une notation des vaccins qui sont le plus avancés, permettant ainsi de les qualifier ou de les disqualifier, en prenant en considération le fait qu’ils soient «adaptés ou non à la population algérienne et au système de vaccination en vigueur».
Comme attendu, il en ressort que les antidotes devant être conservés à des températures très basses, comme celui de Pfizer-BioNTech (-70°C), ont eu une notation plutôt défavorable en raison des «contraintes» exprimées auparavant par les professionnels de la santé et qui sont liées à leur conservation et distribution nécessitant une chaine de froid dont le pays ne dispose pas et dont la mise en place, si elle devait avoir lieu, engendrerait des coûts supplémentaires colossaux.
Une meilleure notation, plutôt positive, a bénéficié aux vaccins pouvant être stockés à des températures de réfrigération et non de congélation, oscillant entre 2 et 6°C. Ces critères d’ordre technique définissent, ainsi, les choix de l’Algérie et laissent la porte ouverte à plusieurs fabricants qui doivent, cependant, d’abord transiter par Covax qui englobe quelques 180 pays et qui a été créée pour garantir un accès juste et équitable aux populations mondiales, y compris celles des pays les plus démunis. Il faut savoir que tout comme l’Algérie, les autres pays adhérents à Covax lui transmettront également leurs critères de sélection et que c’est sur cette base que les choix de l’organisation onusienne pourront être faits.
Il y a, certes, des pays qui ont annoncé avoir commencé à vacciner leur population, comme la Russie qui a débuté hier avec les travailleurs à risque, et d’autres qui doivent commencer dès cette semaine, comme le Royaume-Uni qui a opté pour le vaccin Pfizer-BioNTech, mais aucun laboratoire n’a emprunté le circuit habituel, à savoir l’obtention de la validation de son produit par son pays, l’homologation par l’OMS, ainsi que l’autorisation de mise sur le marché. C’est ce qui permet à des pays comme l’Algérie de «ne pas se précipiter» et de faire un choix rationnel qui leur soit adapté. En d’autres termes, l’Algérie n’est «pas en retard» sur la question de l’acquisition du vaccin anti-Covid-19, tel que souligné par le ministre et par tous les professionnels de la santé qui ont préconisé du «recul» pour un «choix efficient». Pour le moment, un total de 51 candidats vaccins sont actuellement testés sur des humains, treize étant en dernière phase d’essais, selon l’0MS.
Covax veut mobiliser 2 milliards de doses en 2021
Toujours dans le cadre de Covax, qui mobilise des fonds pour la vaccination, il est prévu plus de moyens afin d’atteindre un maximum de personnes vaccinées. «L’année prochaine, nous avons l’intention d’utiliser des fonds supplémentaires pour garantir qu’au moins deux milliards de doses de vaccins sûrs et efficaces soient disponibles dans le monde», selon le patron de l’OMS. Il détaillera que ces vaccins seront d’abord utilisés par les personnels de santé et les travailleurs sociaux et qu’ils seront ensuite déployés pour couvrir 20% de la population des pays participant à ce mécanisme.
Des pays européens, à savoir la Belgique, la France et l’Espagne, prévoient de lancer des campagnes de vaccinations en janvier prochain, probablement après la fin des procédures d’homologation et de mises sur le marché des vaccins. La vaccination sera concentrée d’abord sur les personnes les plus vulnérables. Il reste, cependant, à convaincre les populations sur fond de «méfiance» face à l’inoculation de vaccins conçus en un temps record, soit en à peine dix mois, alors que le processus normal d’un vaccin, après étude des effets secondaires et avant sa mise en vente, consomme au moins trois à cinq ans, voire deux ou trois décennies. Il est vrai que la méfiance est grande. Partout. Ce qui a, sans doute, été à l’origine de la médiatisation, dès maintenant, de personnalités comme les présidents américains Biden, Obama et Clinton qu’ils allaient se faire administrer le vaccin en public.
En attendant la vaccination pour tous, l’OMS continue de mettre en garde contre le nouveau coronavirus et le faux sentiment de sécurité que peuvent procurer les vaccins. «Alors que les vaccins sont en train d’être déployés, les gens devront continuer à respecter les mesures de santé publique afin que tout le monde soit protégé», a recommandé le patron de l’OMS. «La vaccination ajoutera un outil majeur, majeur et puissant à la trousse d’outils dont nous disposons. Mais à elle seule, elle ne fera pas le travail», a soutenu Mike Ryan, expert de l’Organisation. La pandémie de coronavirus a contaminé plus de 65 millions de personnes et en fait plus de 1,5 million de monde depuis décembre 2019. n