Alors qu’aucun nom n’est encore avancé quant au choix du ou des vaccins anti-Covid-19 choisis par l’Algérie, des assurances sont venues, hier, de la part de l’argentier du pays sur le volet financier, affirmant qu’il ne constituait pas un problème puisqu’une enveloppe est allouée à cet effet, de même que le Premier ministre a eu un échange avec son homologue de Chine, un pays ayant mis au point plus d’un vaccin.

Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a eu lundi un entretien téléphonique avec son homologue chinois, Li Keqiang, au cours duquel les deux parties ont abordé, outre l’état et les perspectives des relations bilatérales dans le cadre du Partenariat stratégique global, l’ensemble des questions liées à la coordination des efforts des deux pays dans la lutte contre la pandémie du Covid-19, ont indiqué les services du Premier ministère dans un communiqué.
Le sujet phare qui alimente et prédomine actuellement dans les discussions sur la pandémie de coronavirus est, sans aucun doute, le volet relatif au vaccin et les deux Premiers ministres ont dû l’aborder, surtout que l’option de l’acquisition d’un antidote chinois est donnée pour être sur la table des négociations. Tous les indicateurs donnés auparavant par différents responsables du secteur sanitaire quant au choix que ferait l’Algérie le confirment à plus d’un titre, sans oublier que des discussions ont eu lieu par voie diplomatique avec ce pays, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, ayant déjà rencontré l’ambassadeur chinois à cet effet, et ce, depuis l’été dernier.
Pour sa part, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a donné des assurances sur le côté financier. Il a affirmé, hier, que «le gouvernement a réservé une enveloppe financière pour l’importation de l’anti-Covid-19 dont le nom sera connu en janvier prochain», ajoutant que «rien ne saurait être plus cher que la santé du citoyen». Ce qui confirme les déclarations des différents responsables selon lesquelles l’Algérie achètera le vaccin quel que soit son prix.
La Chine a développé cinq candidats vaccins et a été le premier pays à avoir commencé à vacciner sa population. Ce sont des vaccins classiques, donc non ARNmessager, ce qui permet de les conserver à des températures de réfrigération. Les essais cliniques ont eu lieu dans plusieurs pays.
Ainsi, les pistes semblent se préciser sur le ou les vaccins que pourrait acquérir l’Algérie malgré la discrétion qui entoure toujours les négociations avec les potentiels fournisseurs. L’essentiel, pour le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, c’est de débuter la campagne de vaccination en janvier, comme promis. «Nous sommes restés suffisamment en rade, il est temps de commencer à vacciner au lieu de continuer à rester là à attendre chaque jour le bilan macabre et à attendre la prochaine vague de Covid-19 !».
Pour lui, les vaccins russe et chinois sont ceux qui conviennent à l’Algérie, étant des «vaccins classiques, comme ceux que nous avons l’habitude d’utiliser et pour lesquels les infrastructures existent de même que le personnel médical qui prendra en charge la vaccination». Il y a également le vaccin du laboratoire AstraZeneca mais qui n’est pas encore sur le marché, a-t-il dit. Ce sont des vaccins qui présentent également l’avantage d’être «moins couteux que ceux à ARNmessager, qui reste une technologie nouvelle sur laquelle les scientifiques du monde entier n’ont pas encore de recul».

Disponibilité
De son côté, le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), estime également que «les vaccins russe et chinois sont les plus adaptés pour l’Algérie». Il citera également le vaccin d’AstraZeneca, notant que ce dernier «n’est pas actuellement sur le marché, mais il se peut qu’il le soit dans les prochains jours».
Il relèvera, néanmoins, que même si on voulait opter pour un autre type de vaccin, par exemple celui de Pfizer-BioNTech qui est à ARNmessager, outre ses conditions de conservation et de transport difficiles, à -70°C, un autre problème se poserait. Il explique que «les doses de ce laboratoire ou du laboratoire Moderna ne pourraient être disponibles que dans quelques mois, vers le début de l’été, car les pays européens et les Etats-Unis qui ont financé les recherches pour la mise au point de ce vaccin ont déjà fait des commandes».
Dr Yousfi, qui est également chef de service infectieux à l’EPH de Boufarik, a tenu à souligner que «la demande mondiale se chiffre à des milliards de doses». «Il y a des pays qui ont conclu des accords dès la phase 3 des essais cliniques, qui ont fait des essais chez eux. Ils sont donc automatiquement servis en premier», a-t-il dit, citant le cas de l’Argentine qui est dans ce cas de figure avec la Russie.
Il a indiqué, par la même occasion, que les résultats des essais de Spoutnik V ont été récemment publiés dans la revue britannique The Lancet. En résumé, «la disponibilité du vaccin, la logistique qu’il lui faut ainsi que les contacts entrepris depuis pas mal de temps avec les Chinois et les Russes, laissent supposer que le choix se portera sur leur produit», a conclu Dr Yousfi.