Pour des raisons évidentes, l’enquête, qui s’est étalée sur plus de dix jours, s’est déroulée dans un total secret.

Rien, pas la moindre information ni détail sur son déroulement n’ont filtré jusqu’à son épilogue. Tout est parti, selon une source crédible, d’une information parvenue aux services de sécurité faisant état de la présence dans la vallée du M’zab d’un réseau d’espionnage au profit de puissances étrangères, constitué d’individus de différentes nationalités africaines, chargés de fomenter des troubles à l’ordre public et de créer des conditions pour des soulèvements contre le régime. La trentaine et originaires du Ghana, du Libéria, du Nigeria, d’Éthiopie, du Mali et du Kenya, logeant dans divers endroits de la ville de Ghardaïa, où ils ont été arrêtés séparément dans une opération synchronisée, ils détenaient des documents et brochures subversifs et étaient tous porteurs de faux passeports. Avant leur arrestation, ils avaient été mis pendant une dizaine de jours sous écoutes téléphoniques et placés sous surveillance et filature policières constantes. Des appels téléphoniques fréquents vers des pays tels que l’Allemagne, les États-Unis, la France et surtout Israël ont été interceptés. Ils portaient tous sur la situation du pays et les ingrédients à mettre en place pour une explosion populaire qui devait prendre racine à partir de la vallée du M’zab pour s’étendre à d’autres régions du pays. Présentés jeudi soir devant le procureur de la République près le tribunal de Ghardaïa, puis déférés devant le juge d’instruction, ils ont été placés sous mandat de dépôt et incarcérés à la prison de Châabet Ennichène de Ghardaïa pour « espionnage au profit de puissances étrangères » et « tentatives de fomenter des troubles à l’ordre public de nature à créer des soulèvements contre le régime. ». Selon un officier des services de sécurité, sous le sceau de l’anonymat, « l’enquête pour démanteler toute la structure en amont et en aval continue. Les éventuels complices et appendices locaux et nationaux doivent être démasqués et neutralisés. Il y va de notre sécurité nationale. Dans des cas pareils, rien ne doit être laissé au hasard ni pris à la légère. » La vigilance de nos services de sécurité, tous corps confondus, est à saluer. Elle a, encore une fois, permis d’éventer cette grave affaire de tentative d’atteinte à la sécurité nationale.