Selon l’AFP, Michel Platini et Sepp Blatter, les ex-présidents de l’UEFA et de la FIFA, voient se rapprocher un procès en Suisse, notamment pour « escroquerie » et « abus de confiance ». Le paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) par la FIFA à l’ancien joueur de la Juventus, en 2011, sans justification écrite, sur ordre de Sepp Blatter, est la cause de cette affaire. Michel Platini et l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter voient se rapprocher un procès en Suisse, notamment pour « escroquerie » et « abus de confiance », dans l’affaire de paiement suspect qui a brisé, en 2015, leur parcours de dirigeant dans le football, a indiqué le parquet mercredi à l’AFP. Le Ministère public de la Confédération a annoncé, en août, aux deux prévenus son « intention d’engager l’accusation » contre eux, leur laissant « présenter leurs éventuelles réquisitions de preuve » avant de boucler son instruction, a précisé un porte-parole, confirmant une information du quotidien Le Monde.

La possibilité d’un « non-lieu » écarté
Il s’agit donc d’une première indication sur la direction donnée à ce dossier par l’accusation, qui écarte à ce stade la possibilité d’un non-lieu. Il restera néanmoins au parquet à prendre formellement ses réquisitions, à en préciser les charges, puis le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone décidera ou non d’ouvrir un procès. Michel Platini, 66 ans, et Sepp Blatter, 85 ans, sont poursuivis pour « gestion déloyale », « abus de confiance », « escroquerie » et « faux dans les titres » en raison du paiement par la FIFA de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) au Français en 2011 sans justification écrite, sur ordre de Sepp Blatter. Anciens alliés devenus rivaux, les deux ex-dirigeants du football mondial martèlent sans relâche qu’il s’agit d’un reliquat de paiement pour un travail de conseiller effectué par le triple Ballon d’or en 1999-2002. Selon les deux hommes, l’accord entre eux remonte au printemps 1998 : Sepp Blatter, entré à la FIFA en 1975 comme directeur du développement mais dépourvu de légitimité sportive, cherchait alors l’appui de l’ex-champion pour prendre la tête de l’instance.

Platini évoque un « problème de liquidité »
Mais la FIFA, dirigée depuis 2016 par Gianni Infantino, déplore de son côté l’absence de contrat écrit mentionnant à l’époque une telle rémunération, et en réclame à Michel Platini le remboursement. Il existe certes une « convention » écrite, signée en 1999, mais elle ne prévoit qu’un salaire annuel de 300 000 francs suisses pour Michel Platini. L’ex-joueur de la Juve comme Blatter ont depuis expliqué cette incohérence en évoquant les « problèmes de liquidité » que connaissait à l’époque la FIFA. Ils auraient donc oralement prévu que le complément de salaire serait versé par la suite, négligeant simplement de le préciser par écrit, relevait le Tribunal arbitral du sport dans une décision rendue en 2016.