Le groupe chinois spécialisé dans les nouvelles technologies, Huawei, a démenti catégoriquement être impliqué dans des opérations d’espionnage ayant ciblé l’opposition politique en Algérie et dans deux autres pays africains.
Jeudi dernier, Wall Street Journal a dévoilé que des employés de Huawei se sont livrés à des activités d’espionnage en Ouganda, en Zambie ainsi qu’en Algérie.
Huawei n’a pas tardé à se défendre face aux «allégations» du Wall Street Journal. Pour sa défense, la firme indique que les accusations portées par le journal étaient infondées, démentant dans un communiqué que les employés de Huawei avaient utilisé les solutions de la Safe city «la ville sécurisée» et les solutions des autres sociétés pour aider les gouvernements ougandais, zambiens et algériens à espionner leurs opposants politiques. D’ailleurs, selon une source travaillant à Huawei, «il s’agit d’une manœuvre des Etats-Unis visant à empêcher l’expansion de Huawei», soulignant que «c’est un nouvel épisode de tension supplémentaire qui se joue actuellement entre la Chine et les Etats-Unis».
Il expliquera que «les Américains ne souhaitent pas que Huawei s’installe chez eux mais ils mettent en garde également les pays alliés, comme l’Allemagne, le Japon, l’Italie et la France», ajoutant que «c’est une guerre froide technologique».
Surtout que Huawei a investi pour devenir un leader mondial dans les futures technologies de réseaux et pour façonner le standard futur de la 5G. Avec un chiffre d’affaires d’environ 81 milliards d’euros en 2017, Huawei consacre, en effet, des investissements colossaux à la recherche et au développement : 11,6 milliards d’euros en 2017, soit près de 15 % du chiffre d’affaires du groupe.
Par ailleurs, dans son article, le quotidien américain a rapporté que les dirigeants de Huawei avaient conseillé aux autorités ougandaises de se rendre en Algérie pour prendre connaissance du système de surveillance mis en place, à l’époque du président déchu Abdelaziz Bouteflika, lequel cherchait à savoir ce qu’envisageait l’opposition.
A cet effet, le journal a indiqué qu’une équipe de hauts responsables sécuritaires ougandais s’était effectivement déplacée, en septembre 2017, en Algérie. Selon lui, la délégation avait «étudié le système de vidéosurveillance à Alger, qui comprenait des centres de surveillance de masse et de cyber-surveillance». «Les Algériens sont avancés dans ce domaine», avait déclaré un membre de la délégation.
D’autre part, Huawei est d’ores et déjà en train de travailler sur les technologies d’avenir avec sa propre solution pour la 5G. Toutefois, cette progression n’est pas au goût de tout le monde. Plusieurs pays l’ont écarté de leurs marchés 5G pour des questions de sécurité, les Etats-Unis et leurs alliés dans le renseignement (Canada, Royaume-Uni, Australie et Nouvelle-Zélande). Washington presse maintenant ses alliés européens, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie, d’exclure Huawei de leurs réseaux 5G.
D’ailleurs, les Etats-Unis sont toujours convaincus que les sociétés chinoises font peser une menace sur leur sécurité nationale en pouvant partager potentiellement des informations avec le gouvernement communiste. Mais il s’agit aussi de stopper la progression de la Chine qui menace de les surpasser au niveau technologique. Donald Trump a pris l’initiative des hostilités au mois de mai dernier en empêchant les entreprises américaines de fournir du matériel et des logiciels à Huawei, ce qui avait notamment conduit à le bannir de l’écosystème d’Android mais qui risque aussi à moyen terme de le priver de composants.F. D.