Par Nadir Kadi
Extradé le 24 mars dernier depuis l’Espagne, l’ancien militaire Mohamed Azzouz Benhalima, notamment accusé par la justice «d’appartenance à groupe terroriste», devrait de nouveau comparaître ce dimanche 8 mai face aux juges du tribunal de Bir Mourad Raïs.
L’accusé, placé en détention le 5 avril dernier par les juges d’instruction du pôle chargé de la «lutte antiterroriste et du crime organisé transfrontalier», était, en effet, sous le coup d’une condamnation par contumace à «10 ans de prison ferme» émise par le tribunal ; les avocats de l’accusé auraient toutefois faire appel selon plusieurs sources de presse.
Pour rappel, la condamnation contre l’ancien militaire, longtemps resté en fuite à l’étranger, avait notamment retenu des charges liées au terrorisme et, plus précisément, aux liens présumés de l’accusé avec le mouvement terroriste «Rachad» de Mohamed Larbi Zitout. En effet, faisant aujourd’hui face à des accusations particulièrement lourdes, allant de «l’adhésion à groupe terroriste», la «criminalité transfrontalière» en passant par «l’atteinte à la sécurité et l’intégrité du territoire national» ou encore «diffusion de fausses informations pour atteinte à la sécurité et au moral de l’armée». L’accusé Mohamed Azzouz Benhalima, qui avait été entendu le 5 avril dernier par la justice, en parallèle à l’audition de «l’un des frères» de Mohamed Larbi Zitout, avait rapidement fait de nombreuses «révélations» suite à son extradition d’Espagne. Ainsi dans un document vidéo communiqué par la DGSN, l’accusé avait confirmé ses liens avec l’organisation terroriste, tout en impliquant une série de personnes établies, pour la plupart, à l’étranger, à l’instar de Mohamed Larbi Zitout et ses frères Smaïl et Miloud, Mourad Dehina, Mohamed Abdellah, Amir Boukhers (dit Amir Dz), Abdou Semmar et Assia Kechoud.
En ce sens, questionné par les enquêteurs de la DGSN, l’accusé avait évoqué plusieurs actes terroristes en préparation, notamment, et toujours selon les déclarations de l’accusé, des attentats contre les services de sécurité. L’organisation «Rachad», qui travaillait à l’utilisation des moyens de communications en vue notamment de «recruter» des jeunes, aurait élaboré une certaine organisation et décidé une répartition méthodique du «travail». Mohamed A. Benhalima expliquant ici aux enquêteurs que Larbi Zitout lui avait demandé, lorsqu’il était encore sur le sol algérien, certaines informations sur «la police, le ministère de la Défense nationale et d’autres ministères». Et dans la même logique, il est précisé aux enquêteurs que le groupe avait agi selon une certaine organisation. L. Zitout confiait «une mission spécifique» à chaque membre, explique le détenu Benhalima, lui-même étant «chargé» de «l’Armée et de la Police, tandis que Mohamed Abdellah s’occupait de la Gendarmerie nationale et d’autres départements ministériels. Mohamed Zitout s’occupait, quant à lui, des affaires concernant les présidents et d’autres questions diplomatiques». «Zitout m’a contacté dans le seul but de porter atteinte aux fondements de l’institution militaire», poursuit M. Benhalima, avant d’ajouter : «Zitout nous fournissait certaines fatwas dont nous ignorions la source et tentait de nous en convaincre. Il prétendait que l’Islam n’interdisait pas de s’attaquer aux familles des responsables.»
Dans cette même logique, il apparaît également des déclarations de M. A. Benhalima que l’organisation Rachad avait mis en place une véritable organisation de «propagande» ; Smaïl Zitout (frère de Larbi Zitout) possédait à lui seul près de 24 pages Facebook, alors que Miloud Zitout (autre frère de Larbi Zitout) travaille pour une société informatique en Belgique et mène des activités suspectes sur le moteur de recherche Google et Youtube, toujours selon les aveux de M. Benhalima. n