La nouvelle revalorisation des retraites, annoncée hier par le ministre du Travail, Mourad Zemali, est considérée comme étant «insignifiante» par les acteurs de la scène syndicale que nous avons interrogés.

A l’exemple du consultant en questions sociales et ancien syndicaliste, Noureddine Bouderba.
Considérant que l’Algérie «accuse un retard de sept années en matière de la revalorisation des salaires et retraites », M. Bouderba dira que cette situation a fini par avoir « un effet cumulatif » sous l’effet du taux d’inflation et que, par conséquent, les niveaux de revalorisation décidés « ne pourront satisfaire». «J’estime que cette revalorisation des retraites est insignifiante, surtout lorsqu’on prend en considération l’envol des prix et la dévalorisation de près de 40% qu’a subie le dinar ». Et à l’ancien syndicaliste de se demander pourquoi c’est le ministre qui décide du taux de la revalorisation, alors que, fait-il remarquer, « la revalorisation des retraites est indexée sur les salaires depuis 1983 ».C’est d’ailleurs « le meilleur mécanisme d’indexation qui existe dans le monde », soutient-il. Avant de rappeler que plus de 50% des retraités touchent moins de 20 000 DA, faisant que cette revalorisation « ne va pas régler leur pouvoir d’achat », déduit M. Bouderba, avant de terminer sur une note positive en considérant que « les petites pensions sont privilégiées avec une revalorisation de 5%».Le porte-parole du Cnapeste, Messaoud Boudiba, usera lui aussi du même qualificatif pour dire que la revalorisation annoncée par le ministre du Travail est « insignifiante». Par conséquent, « elle ne va pas régler le problème du pouvoir d’achat des retraités », estime-t-il, considérant, au passage, qu’«une retraite, qui permet d’avoir une vie décente ne doit pas être inférieure à 50 000 DA ». Ce qui est « bien loin des 15 000 et 20 000 dinars dont bénéficient une bonne partie de nos retraités », regrette-t-il
Par ailleurs, Mourad Zemali est de nouveau revenu, hier, sur la question de la représentativité syndicale, en accusant les syndicats de ne pas respecter la loi en vigueur depuis 1990. De leur côté, les mis à l’index ont, eux aussi, réagi pour démentir une nouvelle fois les propos du premier responsable du secteur. « Chaque année, nous déposons les statistiques syndicales avant le 31 mars », affirme M. Boudiba. Ce dernier considère que le ministère n’a pas respecté les conditions appliquées depuis 1997 en envoyant, le 25 mars dernier, une correspondance sans « références réglementaires », explique notre interlocuteur.
Le porte-parole de l’Unpef, Sadek Dziri, partage l’avis du porte-parole du Cnapest et affirme que les nouvelles mesures introduites pour déclarer un syndicat représentatif « n’ont aucun sens ». Ces mesures « ne nous concernent pas » et « contredisent la loi de 1990 en vigueur », soutient-il.
Pour rappel, le ministère du Travail a annoncé, il y a quelques jours, une liste des syndicats qui ont répondu à la correspondance concernant la représentativité syndicale. Sur 30 syndicats, 17 ont été déclarés représentatifs et 13 non représentatifs. Ces derniers se trouvent donc privés du droit d’organiser des mouvements de protestation et de grève. Une décision qu’ils continuent de rejeter tout en poursuivant leurs activités.