La première évaluation des accords conclus par l’Opep et ses partenaires fait ressortir des résultats prometteurs. Le taux d’adhésion à ces accords a été évalué à 80%, correspondant à une réduction globale de 1,5 millions de barils/jour de l’offre pétrolière de l’Organisation et de ses partenaires.

Le ministre saoudien du Pétrole, Khalid Al-Falih, qui levait le voile, depuis Vienne, sur les résultats de près d’un mois de mise en application des accords, semblait être surpris par un tel niveau d’adhésion, estimant qu’il s’agit tout compte fait de « l’un des meilleurs accords que nous ayons depuis longtemps». Les propos du ministre saoudien tenus à Vienne, à l’occasion de la première réunion du comité du suivi et de surveillance des accords en question, sonnent telle une victoire contre le scepticisme ambiant. Son homologue russe, Alexandre Novak, était également optimiste, disant que Moscou était « en avance sur ce qui était prévu » et faisait « de son mieux pour maximiser sa participation ». L’Opep et ses partenaires non-Opep sont tout près de la concrétisation de l’objectif arrêté le 10 décembre dernier. Avec une réduction qui culmine déjà à 1,5 million de barils/jour, les producteurs ne sont qu’à 300 000 barils/jour de leur objectif. En effet, l’accord conclu le 10 décembre pour six mois et entré en vigueur le 1er janvier prévoit qu’une dizaine de pays non-OPEP, dont la Russie, doivent réduire leur production de 558 000 bj. Parallèlement, dans un accord conclu le 30 novembre, les membres de l’Opep ont prévu une baisse de production de 1,2 mbj. Cette réduction globale de 1,8 mbj a pour but de désengorger le marché du pétrole et faire remonter les prix. Les participants à la première réunion d’évaluation, tenue hier dans la capitale autrichienne, se sont montrés confiants quant à l’adhésion de l’ensemble des 24 signataires desdits accords. L’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, l’Algérie, le Venezuela, la Russie et Oman tiennent à prouver leur attachement aux accords qui, faut-il le reconnaître, ont permis aux prix du pétrole de se redresser au-dessus de 55 dollars le baril.
L’Arabie saoudite, le plus grand exportateur mondial de pétrole, a déjà dépassé son objectif avec une réduction de plus de 500 000 barils/jour de sa production, a déclaré Khalid Al-Falih, tandis que l’Algérie et le Koweït ont également atteint des niveaux de réduction au-delà de leurs objectifs, selon les ministres de ces pays. D’autres membres de l’Opep, à l’instar de l’Irak et du Venezuela, n’ont pas encore atteint leurs quotas, mais disent qu’ils sont à plus de la moitié de leur objectif. En décembre déjà, avant même que l’accord de novembre ne soit entré en vigueur, la production de l’Opep a été de 33,1 mbj, tandis que la Russie a produit 11,2 millions mbj. La Russie a réduit sa production d’une moyenne de 100 000 barils/jour et compte atteindre une coupe de 300 000 barils/jour en avril. Par ailleurs, la réunion, hier à Vienne, du comité de suivi des accords de réduction de la production de pétrole conclus par l’Opep et ses partenaires devait débattre aussi des moyens de surveillance à mettre en place pour assurer une adhésion optimale des 24 signataires. Dit autrement, le comité de suivi se chargera principalement d’évaluer la conformité des producteurs aux accords plutôt que de produire des données à ce sujet.
Comme l’indique l’accord initial de l’Opep, la situation mensuelle de la production est à la charge des analystes du secrétariat de l’Organisation. Ces données sont retenues comme étant l’outil principal pour l’évaluation de l’adhésion des membres à leur accord.
Ces données des analystes de l’Opep ne couvrent pas l’offre des producteurs non-membres tels que la Russie. De l’avis du ministre de l’Energie,
Noureddine Boutarfa, il est peu probable que les accords soient reconduits si un taux de 80 à 90% d’adhésion est constaté. Pour l’heure, il est peu opportun d’en parler, tant il est vrai que les premières données communiquées hier ne sont que provisoires.