Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a accueilli dimanche les chefs de groupes rebelles du pays à Khartoum, où des milliers de Soudanais étaient rassemblés pour célébrer la signature d’un accord de paix en octobre. La visite des commandants du Front révolutionnaire soudanais (FRS), une coalition de groupes rebelles, fait suite à la signature le 3 octobre d’un accord de paix avec le gouvernement de transition, qui doit mettre fin à une guerre de près de deux décennies ayant fait des centaines de milliers de morts. «Nous attendions ce jour avec impatience», a déclaré M. Hamdok alors qu’il saluait les chefs rebelles, selon l’agence officielle Suna. «Aujourd’hui, il s’agit de la première étape pour mettre fin aux souffrances de notre peuple», a-t-il ajouté. Cette visite était la première à Khartoum en près de 20 ans pour certains des chefs rebelles. Des foules en liesse se sont rassemblées dans le centre de la capitale, chantant et brandissant des pancartes, pour célébrer l’accord de paix, malgré les mises en garde du gouvernement sur les risques liés au Covid-19. «Nous ressentons la souffrance du peuple soudanais», a déclaré Alhadi Idris, chef du FRS. «A partir d’aujourd’hui, nous ferons partie du gouvernement de transition et nous assumerons les conséquences de ses politiques», a-t-il ajouté. Les chefs rebelles ont également rencontré le chef du Conseil souverain, plus haute instance du pouvoir chargée de superviser la transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, qui les a qualifiés d’«artisans de la paix et partenaires». Le FRS, fondé en 2011, est une alliance de groupes armés et de mouvements politiques des Etats du Darfour, du Kordofan-Sud et du Nil bleu. A partir de 2003, la région du Darfour a été secouée par un conflit opposant les forces soudanaises à des rebelles de minorités ethniques. Selon les Nations unies, le conflit a fait, essentiellement durant les premières années, quelque 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés. Le conflit a touché aussi le Nil bleu et le Kordofan-Sud (sud) à partir de 2011. «Nous sommes venus pour concrétiser l’accord de paix sur le terrain», a déclaré selon un média officiel Minni Minawi, à la tête d’une faction du Mouvement de Libération du Soudan (MLS) appartenant au FRS. «C’est la première fois dans l’histoire du Soudan que nous parvenons à un accord qui s’attèle aux racines de la crise soudanaise», s’est réjoui M. Hamdok. «Je suis certain que cette paix soulagera la souffrance du peuple», a-t-il complété, en allusion notamment à la crise économique qui touche le pays. «Nous méritons d’être heureux concernant cet accord de paix aussi longtemps qu’il réduit au silence les coups de feu», a dit l’ex-chef de milices Mohamed Hamdan Daglo accusé par certains d’avoir commis des «atrocités» au Darfour et désormais membre central du Conseil souverain. Le gouvernement de transition soudanais – arrivé au pouvoir à la suite de la destitution de l’ancien président Omar el-Béchir en avril 2019 après des mois de contestation populaire sans précédent – avait fait de la paix avec les rebelles une priorité. Les chefs rebelles ont promis de travailler avec le gouvernement à la résolution des crises du pays. n