Dans une déclaration à Reporters, l’ambassadeur de Palestine en Algérie a considéré que la position algérienne est celle de la défense des «intérêts légitimes des Palestiniens» et a affirmé que la normalisation des relations entre les Emirats et Israël est une «trahison» de la cause palestinienne.

Pour l’ambassadeur Amine Ramzi Makboul, la Ligue arabe, qui devrait se réunir incessamment à l’appel de l’Autorité palestinienne, devrait réagir «avec fermeté» à cet accord et montrer à l’opinion arabe et internationale le refus de «brader» une cause juste et «rejeter la politique du fait accompli». Cette politique, a-t-il affirmé, est «vouée à l’échec» et «n’aboutira jamais tant que ne seront pas pris en compte les droits légitimes du peuple palestinien».
Dans le Golfe, l’annonce de la normalisation des relations entre les Emirats arabes unis et Israël a fait, dans les sociétés des pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Koweït et Oman), l’effet d’une bombe alors que les Etats se complaisent soit dans le soutien des Emirats, soit le silence, soit dans des déclarations pour le moins ambiguës. Après l’annonce surprise du président américain Donald Trump, de cet accord «historique», les yeux se sont tournés vers l’Arabie saoudite, première puissance arabe, alliée des Emirats, et qui s’est discrètement rapprochée d’Israël ces dernières années. Mais Ryad n’a pas réagi. Sur les réseaux sociaux, les jeunes Saoudiens, très actifs, ont largement relayé le hashtag très populaire dans le Golfe «la normalisation est une trahison». Bahreïn a été le premier pays de la région à saluer l’accord négocié par les Etats-Unis, un très proche allié. Plusieurs partis d’opposition ont dénoncé, dans un communiqué commun, «toute normalisation avec l’entité sioniste». Jeudi, les Emirats ont assuré que leur accord prévoyait de «mettre fin à toute annexion supplémentaire» de territoires palestiniens en Cisjordanie. Mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a averti que l’annexion était simplement «reportée». Le Qatar, qui n’a pas réagi à l’annonce de jeudi, est depuis 2017 en crise diplomatique avec les Emirats, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Egypte, qui l’accusent de soutien aux mouvements islamistes et de connivence avec l’Iran.
Doha a pourtant lui-même d’étroites relations avec l’Etat hébreu, avec lequel il maintient des contacts autour de la bande de Gaza, où les Qataris, proches du Hamas, soutiennent des projets de développement. Le Qatar a même accueilli en 1996 le premier bureau de représentation israélien dans le Golfe, avant sa fermeture en 2000. Egalement très proche allié des Etats-Unis, le Koweït n’a pas réagi à l’accord des Emirats avec Israël. Le riche émirat est le seul pays du Golfe doté d’une véritable vie politique et parlementaire, avec des débats publics parfois virulents. n