La problématique de la mortalité des petites et moyennes entreprises fait débat. On parle d’un taux inquiétant dû essentiellement à l’accompagnement financier pas du tout adéquat pour assurer leur pérennité. Une carence qui va être comblée à travers la décision de mettre en place un nouveau produit bancaire, à savoir le crédit à l’exploitation.

Par Bouzid Chalabi
C’est le ministre de l’Industrie Ahmed Zeghdar qui l’a annoncé lors de son discours à l’ouverture, hier à Alger, de la Conférence nationale organisée par le Fonds de garantie des crédits aux PME (Fgar), sous le thème «la garantie financière, un mécanisme d’appui aux PME».
A propos de la conférence, il a souligné qu’elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du président de la République pour la prise en charge des préoccupations des opérateurs économiques en ce qui concerne la réalisation et le développement de leurs projets. «Les pouvoirs publics ont procédé à ce titre à la mise en place des dispositifs d’appui spécialisés dans le domaine des garanties financières, à l’instar du Fgar et d’autres organismes qui facilitent l’accès des investisseurs aux crédits bancaires.» A ce titre, il est revenu sur l’initiative du crédit à l’exploitation qui, selon le ministre, «sera un sérieux appui aux PME et TPE en ce sens où il va permettre au moins aux moyennes et surtout aux petites entreprises de se maintenir en activité, voire même se développer et, par ricochet, créer de nouveaux postes d’emplois».
De son côté, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya a indiqué, dans une allocution lue en son nom par le Directeur général du Trésor et de la Gestion comptable des opérations financières de l’Etat, que l’octroi de crédits aux PME était devenu plus simple, en ce sens que la caution financière constituait «la base» de la relation banques-clients. Ensuite, c’était au tour du directeur général du Fgar, El-Haddi Temam, de prendre la parole. Ce dernier a, dès l’entame de son allocution, fait savoir qu’«après constat de terrain suivi d’analyse, il est ressorti que 90% des TPE sont sous-capitalisés et du coup ne pensent plus qu’à baisser rideau. Il devenait donc urgent de chercher d’autres substituts pour pouvoir assurer la pérennité des TPE et PME en souffrance. Autrement dit, nous avons cherché à introduire d’autres mesures qui puissent répondre aux entreprises dans l’incapacité de se maintenir en activité faute de fonds de roulement». Le Directeur général ne s’est pas empêché de souligner que «le crédit d’exploitation est un accompagnement très important pour les PME comme il est un fort soutien aux porteurs de projets d’investissement. C’est pourquoi, j’appelle les banques à faciliter aux PME l’accès à ce produit». Toujours dans ce même registre, le patron du Fgar préconise à ce que les banques soient plus souples. «Nous attendons que leur engagement soit formel», a-t-il lâché. Non sans révéler au passage que «les banques continuent à juger que les garanties des PME ne sont pas suffisantes, alors que notre institution (Fgar) complète l’absence de garanties aux crédits octroyés aux entreprises et que nous approvisionnons les créances des PME».
Lançant enfin à l’adresse des banques : «Les banques devaient beaucoup plus se rapprocher du Fgar, en sa qualité de garantie institutionnel qui, par là même, est une solution aux porteurs de projets d’investissement dans le besoin de disposer de crédit conséquent pour passer à l’étape entrée en production de leur projet». Il termine en souhaitant que «la relation banques-Fgar s’améliore, car l’intermédiation est très importante si l’on veut que le traitement des dossiers de demande de financement de projet et d’exploitation soit rapide». n