L’effondrement partiel, survenu hier suite à une explosion d’un tunnel de prospection des produits miniers non ferreux et des substances utiles, au lieu-dit Chaâba El Hamra à l’est d’Aïn Azel (50 km au sud de Sétif), a coûté la vie à deux employés de l’Entreprise nationale d’explorations des produits miniers décédés sur le coup alors qu’un troisième a été blessé.
Selon le responsable de la communication de la Protection civile, au niveau de la capitale des Hauts-Plateaux, le capitaine Ahmed Lamamra, les équipes de la Protection civile de la commune de Aïn Azel sont intervenues vers 8H30 pour extraire les dépouilles des deux victimes sous les décombres et procédé au sauvetage du troisième employé qui présente de graves difficultés respiratoires à cause de la poussière inhalée. Le même responsable a ajouté que les recherches se poursuivaient encore dans les décombres pour s’assurer qu’il n’y a pas d’autres travailleurs ensevelis à l’intérieur de ce tunnel minier.
Les premiers éléments de l’enquête préliminaire menée après cet accident minier, l’explosion serait due à une mauvaise manipulation des explosifs généralement utilisés dans l’extraction des produits non ferreux. Suite à cet accident, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a chargé le ministre des Mines, Mohamed Arkab, de se rendre à Aïn Azel pour suivre de près l’évolution de la situation et présenter ses condoléances aux familles des victimes de ce tragique accident.
Sur les lieux du drame, M. Arkab a déclaré que la «police des mines restera à Aïn Azel afin de mener son enquête et identifier les responsabilités» de cet effondrement. Il a promis également à ce que les conditions de travail des miniers ne resteront pas en l’état, s’engageant même à opérer une «révolution» sur ce terrain, option qui sera articulée sur 4 axes dont le premier est celui du facteur humain.
M. Arkab a mis aussi le doigt sur la nécessité, voire l’urgence, de passer à la modernisation du travail minier. Il a instruit, par la même occasion, le Directeur des mines au niveau de la wilaya à l’effet de recenser toutes les préoccupations des travailleurs des mines notamment les outils de travail, les tenues protectrices et les salaires.
Le triste souvenir de 1990
L’accident survenu dans la matinée d’hier n’a pas manqué de renvoyer la population locale au triste souvenir d’il y a trente ans, le 2 juin 1990 plus précisément, quand s’est produit une véritable catastrophe industrielle qui a coûté la vie à 19 mineurs à la suite d’une arrivée d’eau très importante causant l’inondation de la galerie. Suite à ce drame qui aura marqué les esprits, la mine a été fermée jusqu’à 1999, quand l’usine de flottation de Kherza-Youcef fut rouverte afin de traiter le minerai extrait de la mine de Chaabet El Hamra, distante d’environ 5 km.
La nouvelle de l’effondrement partiel de ce tunnel a vite jeté de l’émoi au sein des populations locales affligées par les deux décès déplorés tout en regrettant que les conditions de travail des miniers ne se soient pas améliorées en dépit des doléances formulées par les employés. Gageons que ce triste accident amène les responsables, au niveau national ou à l’échelle locale, à prendre les mesures qui s’imposent afin d’offrir les conditions de travail les plus sûres aux employés et éviter de nouveaux drames à l’avenir. <