Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a affirmé, samedi dernier à El-Oued, qu’une enquête administrative approfondie sera enclenchée pour déterminer les circonstances
et les causes de la fuite survenue jeudi dernier sur l’oléoduc OK1 au niveau de la région de Chahmi, localité d’El-Bâadj, dans la commune d’Oum-Tiour.

Face à la colère de la population locale, qui dénonce l’ampleur de cette «catastrophe» tant sur l’environnement, les personnes et l’agriculture et son appel à l’ouverture d’une enquête à haut niveau pour déterminer les circonstances exactes de l’incident et punir les responsables de ce «carnage environnemental », Kamel Beldjoud œuvre à rassurer les habitants de la région en déclarant que le président de la République a donné des instructions fermes aux ministres concernés par cet incident pour «trouver les solutions dans de brefs délais, hâter le traitement de ses effets secondaires et éliminer les risques éventuels susceptibles de nuire à la vie professionnelle du citoyen ».
Le ministre de l’Intérieur a, en effet, indiqué que le président a ordonné la programmation de cette visite de terrain d’une délégation ministérielle composée des ministres de l’Energie, de l’Environnement, des Ressources en eau et de l’Agriculture, sur les lieux de l’incident pour s’enquérir de près des dégâts occasionnés et écouter les doléances des citoyens.
Concernant l’enquête administrative approfondie, des commissions ont été dépêchées depuis hier pour mener une enquête technique spécialisée au niveau de tous les secteurs concernés par cet incident selon Kamel Beldjoud. Il a aussi affirmé que ces commissions œuvreront, avec l’appui de citoyens et sur la base de leurs préoccupations, en vue de déterminer les responsabilités et les risques ainsi que les solutions radicales à apporter.
Les rapports des commissions d’enquête permettront notamment d’établir les listes des agriculteurs et éleveurs affectés par cet accident en vue de prendre en charge leurs préoccupations, « conformément aux orientations du président de la République qui a mis l’accent sur l’importance de l’ouverture de canaux de dialogue transparent entre l’administration et l’administré », souligne le ministre de l’Intérieur.

Instruction pour réparer la panne dans les 48 heures
Pour sa part, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, qui a présenté ses excuses à la population de la wilaya, en tant que représentant du secteur de l’Energie, a affirmé que les équipes techniques de la Sonatrach sont à pied d’œuvre pour réparer la panne dans les 48 heures. Il a ajouté que des moyens de l’Entreprise nationale des services aux puits ont été mobilisés pour les opérations d’absorption des eaux polluées le long de l’oued et le traitement de toutes les flaques d’eau contaminées. Le travail de la commission ministérielle de l’Energie permettra d’identifier aussi les causes naturelles et climatiques à l’origine de la fuite de l’oléoduc et d’y remédier, a expliqué le ministre.
Quant au ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, il a affirmé que les services de son département vont effectuer des analyses des eaux de puits, que ce soit d’eau potable (AEP) dont les indices préliminaires montrent l’absence de contamination, ou les puits d’irrigation agricole, avec un contrôle de l’ensemble du réseau d’eau potable, en plus de projeter de nouveaux puits d’AEP pour la région. Dans la même optique, une commission ministérielle du secteur de l’Agriculture, regroupant des techniciens et spécialistes, se chargera d’analyser le sol et les eaux des puits d’irrigation, en plus de recenser les agriculteurs et éleveurs affectés. De son côté, la ministre de l’Environnement, Nacéra Benharrat, a souligné que le travail de la commission relevant de son département permettra d’évaluer les retombées de la fuite de pétrole et déterminer tous les points noirs pouvant influer négativement sur l’environnement et par ricochet sur la vie du citoyen.
Considéré par les habitants de la région comme le premier responsable de cette catastrophe où le pétrole se déverse dans l’oued de la région, le groupe Sonatrach avait affirmé que « plusieurs mesures et décisions ont été prises pour remédier aux dégâts de la fuite de pétrole survenue jeudi dernier en raison des intempéries, au niveau de l’oléoduc OK1 à El Oued ». Il est ainsi précisé qu’«à l’issue de la visite d’inspection plusieurs mesures et décisions ont été prises pour remédier aux dégâts dus à la fuite de pétrole ». Ces mesures consistent à diligenter une enquête complémentaire pour déterminer d’autres raisons derrière cet incident et dépêcher une équipe multidisciplinaire pour établir un diagnostic global tout le long de l’oued afin d’évaluer l’ampleur des dégâts potentiels sur l’environnement.
Il a aussi été décidé de mobiliser, dans l’immédiat, l’ensemble des moyens et filiales du Groupe pour l’absorption des eaux polluées le long de l’oued, le traitement de toutes les flaques d’eau contaminées et le terrassement de certains tronçons qui feront l’objet de traitement par des unités spécialisées de l’entreprise. La Sonatrach ajoute qu’il a été décidé d’effectuer, durant une année entière, un contrôle périodique de la qualité des eaux souterraines via le matériel de la Sonatrach, en mobilisant ses laboratoires pour mener à bien cette mission. Pour accomplir cette mission de suivi, la Sonatrach procèdera au forage de puits d’appréciation dans la région où s’est produit l’accident concluant que « l’ensemble des moyens ont été mobilisés pour pallier les séquelles de cet incident et la situation est totalement sous contrôle ». C’est dans cet esprit que la Sonatrach a affirmé, dans un nouveau communiqué, publié hier, que « l’opération de maintenance et de soudure de l’oléoduc OK1 dans la wilaya d’El Oued, suite à la fuite survenue, jeudi dernier, en raison des intempéries, se poursuit sans interruption aucune et en nette progression », ajoutant que l’«opération d’aspiration des eaux polluées se poursuit notamment avec le renforcement en moyens techniques supplémentaires». n