La « suggestion » de Gaïd Salah de convoquer le corps électoral pour le 15 septembre prochain, présentée comme « une revendication populaire insistante », fait entrer la crise dans une nouvelle phase. Le chef d’état-major passe désormais d’un ressassant appel à la tenue des élections dans les plus « brefs délais» à la désignation d’une date pour l’élection présidentielle. La «suggestion» de passer rapidement vers l’élection présidentielle et le choix d’une date sont déjà considérés par certains comme une accélération dont les enchaînements ne tarderont pas.
Le chef d’Etat par intérim Abdelkader Bensalah et le panel de Karim Younès n’auront à l’évidence que douze jours pour installer la commission d’organisation des élections et réviser les textes de la loi électorale.
Ces préalables devraient nécessairement intervenir avant la convocation du corps électoral. Mais l’annonce d’une date aussi proche de la convocation du corps électoral, qui impliquerait le démarrage de la machine, est déjà considérée comme une « clarification » du rôle dévolu à l’instance de médiation et de dialogue. Le panel avait, en principe, pour mission de rapprocher les positions des acteurs politiques pour un consensus de sortie de crise. Aujourd’hui, le panel risque de paraître davantage comme celui qui donne un alibi au pouvoir pour appliquer sa feuille de route malgré la désapprobation d’une partie de la population.
La démission de l’actuel Premier ministre controversé Noureddine Bedoui, la désignation de la fameuse commission de surveillance des élections et la révision de la loi électorale seront les seules «concessions» accordées aux Algériens, dans la rue depuis le 22 février, revendiquant un véritable changement et non un ravalement de façade. En évoquant la convocation du corps électoral pour le 15 septembre, l’élection présidentielle se trouve de facto fixée vers la mi-décembre. Suscitant de grosses interrogations. Comment faire passer à la fin de l’automne ce qui a échoué à la fin du printemps ?