Les critiques essuyées par certains membres de l’Académie algérienne de la langue amazighe, dont la composante a été rendue publique récemment, se sont invitées à la conférence d’Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, hier.

En effet, le chef du RND et néanmoins Premier ministre, a souligné que seuls 4 membres de cette institution n’ont pas le grade de doctorant en tamazight, déplorant que certains chercheurs aient accusé les pouvoirs publics d’avoir privilégié l’équilibre régional dans la désignation
des membres. «Tous les membres de cette Académie, à l’exception de
4 qui ont des qualifications dans le domaine de Tamazight, les autres membres sont tous de rang doctoral», a-t-il, en effet, déclaré, ajoutant qu’il faut «cesser les querelles sur tamazight». Il faut rappeler que moins de 24 heures après l’annonce de la composante de l’Académie que préside Mohamed Djellaoui, Abderrezak Dourari a annoncé sa démission, sous prétexte que plusieurs membres « n’ont pas le niveau requis pour figurer dans une académie ». Plusieurs chercheurs et militants ont dénoncé « des inconnus » au domaine, qui figurent parmi les membres de cette institution. M. Ouyahia a indiqué, par ailleurs, que «tous les Algériens et ceux qui se sont investis dans cette cause doivent reconnaître cette consécration au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, avec la mise en place effective de l’Académie ». Pour M. Ouyahia, «le président Bouteflika l’avait promis (de donner sa pleine dimension à tamazight) et cela s’est concrétisé, à commencer par l’octroi à tamazight le statut de langue nationale, à son officialisation, jusqu’à la mise en place de cette Académie ». « Le seul problème qui se pose actuellement c’est sa graphie », a-t-il dit, relevant qu’« il appartient aux membres de cette Académie, avec le temps, de la déterminer ». Sur ce point, il faut relever que lors de l’ouverture des travaux du conseil national du RND, Ahmed Ouyahia a déclaré que cette question « est purement technique» et qu’il «revient aux académiciens et aux spécialistes d’en trouver la solution». Dans sa réplique, Ahmed Ouyahia ciblait, en fait, Bouabdellah Ghlamallah, président du Haut conseil islamique et membre du conseil national du RND, lequel, en visite, récemment, à Tizi-Ouzou, a déclaré que tamazight doit être transcrit en caractère arabe. Ce qui avait provoqué l’ire des militants et des spécialistes. Pour M. Ouyahia, tamazight représente un «acquis culturel et identitaire» qui a réalisé « un bond en avant» grâce au président Bouteflika, qui a procédé « progressivement et avec sa sagesse », éliminant ainsi les « causes de la discorde », ajoutant que cet acquis est « un ciment supplémentaire » pour le pays.