Renversant et éblouissant, c’est ainsi qu’on pourrait qualifier le match de Youcef Belaïli samedi avec l’AC Ajaccio. L’Algérien a été déterminant en offrant trois précieux points dans la lutte pour le maintien face au RC Strasbourg. Deux buts et une passe décisive pour un succès 4 buts à 2 après avoir été menés 0-2 à cause d’une entame catastrophique. Heureusement que le Dz était là pour faire basculer cette partie dans le fantastique.

Par Mohamed Touileb
La déclaration de l’entraîneur voulait tout dire. Ce scénario était quasi-improbable. « On pensait qu’on n’aurait pas les moyens de revenir, que le match était plié. Et puis, comme quoi… », a lâché Olivier Pantaloni. Tout est allé très vite sous l’impulsion de Belaïli qui a pris tout le monde de court. C’était même le cas des téléspectateurs au moment de s’exprimer au micro de «Prime Video» à la pause. La séquence était déjà devenue culte et mémorable. Tout comme la partie qu’il a livrée sur la pelouse de François-Coty.

Déroutant et percutant
Un mélange d’arabe et de français en signe ultime de la nonchalance d’un joueur plus à l’aise quand il s’agit de parler avec des pieds. Samedi, Belaïli n’était pas là pour faire des discours mais pour montrer la voie aux Acéistes qui luttent pour le maintien. Et il leur a offert trois précieux points. Une moisson qui leur permet de revenir provisoirement à une longueur du FC Nantes, premier non-relégable. L’impact du Dz est manifeste. Les Corses n’avaient planté que 8 buts lors des 13 premiers matchs. Samedi, ils en ont inscrits 4 sur une rencontre. L’effet Belaïli est presque instantané. On peut moquer ou se marrer de ses déclarations. Mais les Français comprennent parfaitement les chiffres. Belaïli a inscrit deux réalisations et délivré une offrande lors d’un succès anthologique de l’ACA hier. Cela montre que le Dz peut briller, même si c’est toujours par intermittence, en Ligue 1 Uber Eats, palier suprême du foot en France. Le Fennec est un véritable poison pour n’importe quelle défense quand il est très inspiré. Et les Strasbourgeois ont eu le malheur de tomber sur un Belaïli des grands jours. Quant aux Ajacciens, ils ont nagé dans un bonheur exceptionnel tant la victoire compte plusieurs points historiques.

L’offrande à Nouri
En effet, jamais l’ACA n’avait remporté une rencontre après avoir été menée 0-2 dans son histoire. Cela est arrivé sous l’impulsion du Vert. Ce dernier fait tomber un vieux record. En effet, depuis Yoane Wissa (3 buts marqués le 22 septembre 2017 face à Sochaux), aucun sociétaire du club corse n’avait été impliqué dans 3 buts en Ligue 1 et Ligue 2 confondues. En outre, Belaïli a fait un joli cadeau à son coéquipier Riad Nouri en l’assistant pour son tout premier but parmi l’élite. Il fait de lui le 2e joueur le plus âgé (37 ans et 151 jours) à scorer dans la division suprême depuis 1947/48. Ainsi, il est évident que la prestation de Belaïli restera mémorable. Il tient déjà son match référence en matière de chiffres mais aussi de rendement. Il ne lui reste qu’à perfectionner sa forme physique pour pouvoir tenir toute une rencontre (il a été remplacé à la 73e minute). A ce moment, beaucoup de défenseurs risquent de vivre un calvaire face à un dribbleur déroutant hors du commun. D’ailleurs, même le journaliste qui l’a interviewé à la pause n’a rien vu venir. Du Youcef dans le texte.