L’idée de « Yomeddine » m’est venue alors que je tournais un court métrage documentaire (The Colony), relatant le parcours des résidents de la léproserie d’Abu Zaabal, au nord du Caire. Je me suis rendu compte que la lèpre était davantage un problème social que médical, et que leur défiguration avait contraint les résidents à s’isoler du reste du monde.

Le choix de confier le rôle de Beshay à un non-acteur lépreux est venu de la volonté de donner au personnage, tout comme à l’homme, la possibilité d’être défini par son humanité et non par sa maladie. L’idée est de ne pas détourner le regard des exclus que l’on croise dans le film et de voir au-delà de leur apparence pour se concentrer sur leur personnage. Malgré son fond a priori pesant, « Yomeddine » est traité avec légèreté, mettant l’accent sur le courage de Beshay face à la misère. »