PAR MILINA KOUACI
Dès l’entame du 3e trimestre, les enseignants ont signalé l’absence des élèves de terminales qui désertent l’école pour suivre des cours particuliers. Une attitude décriée par les parents et les enseignants.
Les élèves incombent la responsabilité de s’orienter vers les cours particuliers aux enseignants qui, en classe, «se fixent l’objectif de terminer le programme scolaire sans se soucier de l’assimilation des apprenants». Les enseignants signalent de leur côté l’absence des élèves, souligne Hamid Sadi, président de l’Union nationale des parents d’élèves. L’alternative que propose l’UNPE pour mettre un terme à ce comportement est de réformer le bac et d’élaborer une fiche de synthèse. «Nous revendiquons la réforme du bac et une fiche de synthèse», plaide Hamid Sadi. La fiche de synthèse permet aux candidats d’accéder à l’université grâce à la moyenne obtenue durant l’année scolaire avec celle de l’épreuve du bac. Selon les parents d’élèves, prendre en compte les moyennes des examens trimestriels dans le calcul de la moyenne de passage à l’université, ainsi que l’introduction des absences dans les résultats scolaires sont des mesures qui vont dans l’intérêt de l’élève, appelant les autorités compétentes à faire face à ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Ce qui agace également certains parents est les tarifs imposés dans des lieux parallèles à l’école. Les cours particuliers sont suivis par les élèves des trois paliers. Les parents d’élèves ont depuis toujours dénoncé les tarifs proposés pour les cours particuliers jugés «exorbitants», entre 2 500 et 3 000 DA par mois pour une seule matière. Lorsqu’un élève suit des cours dans deux ou trois matières essentielles, la charge financière devient insupportable, notamment, dans ce contexte marqué par la baisse du pouvoir d’achat et de l’inflation. Sur un autre volet, les mouvements de contestation reprennent dans le secteur de l’Education nationale. Vingt-neuf syndicats de différents secteurs de la Fonction publique, dont plus de 15 syndicats du secteur de l’Education, ont annoncé une grève nationale de deux jours à partir du 26 avril. Un mouvement qui risque de s’inscrire dans la durée. Les organisations syndicales menacent, en effet, de radicaliser leurs actions dans le cas où le gouvernement ne prend pas en charge leurs revendications liées à l’amélioration du pouvoir d’achat, la revalorisation de la valeur du point indiciaire ainsi que l’ouverture du dossier des primes et indemnités pour relever leur valeur. Des arrêts de travail qui sont une source de préoccupation pour les parents d’élèves, qui estiment toutefois que la grève est un droit constitutionnel. «Aucun parent d’élève n’accueille favorablement les annonces de grève, bien que le débrayage soit un droit constitutionnel», poursuit Hamid Sadi. Les arrêts des cours, d’après notre interlocuteur, impactent négativement les élèves, notamment ceux de classes finales. Il regrette que certains élèves n’aient pas reçu à ce jour les relevés de notes du premier et du deuxième trimestre, le Cnapeste maintient le boycott de remise des notes, bien qu’il les ait communiquées aux élèves et effectué des corrections en classe. Les parents peinent à évaluer le niveau de leurs enfants sans relevé de notes.