Le feuilleton ne fait, manifestement, que commencer. Accusé d’avoir voulu arranger des matchs de Ligue 1, le président de l’ES Sétif, Fahd Helfaya, devait être auditionné hier par la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP). Problème, le convoqué ne s’est pas rendu à cette entrevue évoquant des «raisons de santé». Il devra, toutefois, se représenter jeudi car le département disciplinaire de la LFP lui a adressé une 2e et dernière convocation pour l’écouter. Le ton semble monter.

L’enregistrement entre le chairman de l’Entente et un agent de joueurs, Karim Saâdouni en l’occurrence, s’était propagé comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Le support audio contenait des intentions de truquer des matchs venues rappeler la réalité de la balle ronde Dz plus que jamais infestée par l’affairisme et le manque de fair-play.
En réaction à ce scandale, la Fédération algérienne de football (FAF), qui s’est saisie de l’affaire en dénonçant des «pratiques condamnables». L’instance fédérale attendait l’authentification de la sonore. Surtout que le boss des Ententistes avait assuré qu’elle était montée. Pour sa part, la Ligue de football professionnel (LFP), a décidé d’auditionner l’homme fort de la formation sétifienne. Ça devait se faire hier mais le concerné ne s’est pas rendu à Alger où siège la LFP. L’avocat de Helfaya, Nabil Beniya, a évoqué cette absence. «Nous avons déposé une demande pour le report de l’audition à une date ultérieure, du moment que Halfaya n’a pu effectuer le déplacement pour des raisons de santé. Nous sommes dans l’attente de la réponse de la commission de discipline pour aujourd’hui via son site officiel», a-t-il expliqué.
La structure qui gère le championnat pro avec ses deux paliers n’a pas tardé à réagir en différant le rendez-vous pour jeudi prochain indiquant qu’il s’agit de la seconde et ultime convocation. C’est pour dire que le successeur de Hassan Hammar est dans l’obligation de se rendre dans la capitale.

L’alliance MJS – FAF
Comme première démarche de défense, le DG du «Wifak» a déposé une plainte contre X jeudi dernier aux services de la Sûreté de sa wilaya. Cela dit, l’échange qu’il a eu avec le manager de footballeur contenait des preuves de marchandage. On y décelait une certaine préméditation laissant croire à un vaste réseau de trafic de résultats. Même le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), via premier décideur Sid-Ali Khaldi, avait réagi à cette grave affaire dénonçant «avec force ce genre de comportements qui enfreint les lois de la discipline sportive et porte un coup à l’intégrité et à l’image du sport algérien.»
De son côté, dans une déclaration faite hier à la FAF-TV, Kheireddine Zetchi a réitéré «l’engagement et la volonté de l’instance fédérale à mettre tous les moyens pour lutter contre toutes les formes de corruption, un fléau qui affecte, malheureusement, le football national» en disant s’inscrire «en droite ligne avec les engagements de l’Etat algérien et sa politique de mener une guerre implacable contre tous les fléaux qui ternissent l’image de notre pays».
Le propriétaire du Paradou AC a aussi indiqué que le dossier en question «sera traité par la commission d’Ethique, une structure indépendante qui rendra son verdict en toute transparence et en toute responsabilité.» Il y aura, manifestement, de la casse. Même si Zetchi et Khaldi ne sont pas d’accord sur tout, ils semblent avoir le même ennemi à combattre pour une fois. Et ça sera dans l’intérêt du sport roi dont le royaume de éthique est, plus que jamais, sujet au vandalisme. <