Quelques jours après la fin du Sommet de la ligue des pays arabes qui s’est déroulé en Algérie mardi et mercredi derniers, nous en savons un peu plus sur les raisons de l’absence du roi Mohamed 6 à cet évènement.

PAR NAZIM BRAHIMI
Dans un commentaire diffusé par l’agence officielle APS, on apprend que l’invitation surprise du roi marocain adressée au président Tebboune pour un dialogue au Maroc, une invitation rendue publique par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, est à considérer comme une «propagande mensongère» afin de justifier «la dérobade de dernière minute du roi Mohamed VI» aux travaux du Sommet arabe.
Selon la même source, la participation du roi du Maroc au Sommet d’Alger a été confirmée au département de Ramtane Lamamra avant de faire machine arrière.
«Acculé dans ses derniers retranchements par ses propres boniments à la presse arabe, le ministre marocain des Affaires étrangères, toujours en quête d’idées stupides, n’a trouvé rien de mieux que d’inventer une prétendue invitation au président de la République Abdelmadjid Tebboune à effectuer une visite au Maroc», est-il écrit dans la dépêche de l’agence. Relevant que «ce sujet est trop sérieux pour en faire l’objet d’une propagande mensongère», le rédacteur du texte a estimé que «cette manœuvre grossière et peu élégante, qui ne trompe personne, n’est qu’une justification maladroite de la dérobade de dernière minute du roi Mohamed VI». L’APS parle clairement de dérobade dans le sens où il y a eu «confirmation» de la participation du monarque marocain au Sommet arabe d’Alger et qui a été «notifiée» par note verbale au ministère algérien des Affaires étrangères et a été confirmée par le canal de la Ligue arabe. La même source a ajouté que «la partie marocaine avait introduit des demandes de survol et d’atterrissage pour 10 aéronefs devant transporter le roi, le prince héritier ainsi que le reste de la délégation royale, selon cette même note verbale». Ce scénario «écrit à l’avance, d’une dérobade programmée, s’est confirmé dès l’arrivée du ministre marocain à l’aéroport d’Alger lorsqu’il a commencé à se plaindre du «peu d’égard» qui lui aurait été réservé alors que le même traitement protocolaire a été accordé à tous ses homologues arabes», a souligné la même source. Notant que «la longue série de provocations ne venait que de commencer, tout en refusant de bénéficier de la légendaire hospitalité algérienne», l’agence officielle a relevé que «ce ministre contrefacteur a passé le plus clair de son temps à arpenter les couloirs du Sommet à la recherche d’un quelconque journaliste désœuvré pour lui servir ses balivernes au lieu de participer, de manière constructive, avec ses pairs à la discussion sur les défis cruciaux auxquels est confronté le monde arabe face à un nouvel ordre mondial en gestation». Pour le rédacteur de la dépêche, «la centralité de la question palestinienne au cours du Sommet historique d’Alger est un véritable irritant pour la diplomatie du Maroc qui a choisi la normalisation sur le dos du peuple palestinien pour mieux servir ses vils desseins expansionnistes». Et d’affirmer que les autorités algériennes «n’ont pas été surprises par ce faux bond de la monarchie marocaine et le faux suspense entretenu sur la venue du roi n’abuse que ceux qui ont vainement spéculé sur deux objectifs misérables, voler la vedette en braquant les projecteurs de la presse internationale sur les relations bilatérales algéro-marocaines et parasiter un Sommet arabe décisif qui se tient dans des circonstances exceptionnelles». Considérant, en outre, que le MAE marocain «n’a pas été à la hauteur de l’événement», dans la mesure où il s’est adonné à son «jeu puéril favori, en essayant de convaincre le Secrétaire général de la Ligue arabe de la présence d’un représentant du Front Polisario parmi les participants au Sommet», ajoutant que «face à une telle énormité qui a fait rire sous cape de nombreux participants, ce même ministre a fini par reconnaître, la queue basse, que sa fine équipe s’était trompée». Pour l’agence officielle, «ce comportement irresponsable, dont est coutumier le diplomate en chef marocain, explique les turpitudes et les errements de la diplomatie marocaine qui ne cesse de collectionner les revers, dont le dernier, qui date d’aujourd’hui (samedi 5 novembre NDLR), est l’éclatante réélection du candidat algérien, Larbi Djacta, pour un second mandat, à la tête de la commission de la Fonction publique internationale face à un rival marocain étrillé sur un score sans appel de 121 contre 64 voix». Les pressions et les intimidations de l’ambassadeur du Maroc à New York, qui «démarchait désespérément les délégations étrangères ont été vaines et la diplomatie internationale vient d’infliger une nouvelle défaite cuisante au Maroc», a pointé encore l’APS, laquelle a conclu que «cette brillante victoire algérienne consacre le retour en force de la diplomatie algérienne sous le leadership avisé du Président Abdelmadjid Tebboune». <