L’élection présidentielle de 2019 divise les partis politiques issus de la mouvance islamiste. En effet, il y a une absence de consensus de ces partis autour de cette question, en dépit de leur présence dans le camp de l’opposition.

C’est ainsi, qu’hier, Abderazak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a posté sur sa page Facebook un commentaire dans lequel il s’est dit disposé « à soutenir n’importe quel candidat à la présidentielle dans le cadre du consensus national », en excluant toutefois le soutien à  « un cinquième mandat, une succession héréditaire ou un candidat corrompu ». Mais de quel consensus national parle Makri, si son parti ne parvient même pas à s’accorder avec des formations de même mouvance que lui autour d’une échéance aussi déterminante que le rendez-vous de 2019 ? Aucune formation politique ayant la même idéologie que son mouvement n’épouse la même position par rapport à cette échéance. Le cas du Mouvement El-Binaa El-Watani et celui d’El Islah illustrent parfaitement cette divergence des formations islamistes. En effet, le président d’El Binaa, Abdelkader Bengrina, a clairement expliqué, samedi à Boumerdès, que toutes les options restent ouvertes pour son parti, concernant sa participation à l’élection présidentielle. Selon Bengrina, le Conseil consultatif du parti « n’a pas pris de décision définitive » concernant ce rendez-vous. Il a expliqué « laisser toutes les options théoriques ouvertes, jusqu’à un meilleur éclaircissement des contours de la scène politique nationale ». Aussi, «l’option du boycott est également à prendre en compte», a-t-il ajouté, soutenant que la participation à cet important rendez-vous électoral sera fixée
« après observation des réactions sur la scène politique, suite à quoi le parti décidera, soit de se présenter avec son propre candidat, soit de faire alliance avec d’autres parties ou partis », qu’il n’a pas cités. Quant au Mouvement El-Islah, il a clairement annoncé, samedi, son soutien au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour la poursuite du processus de développement. « Le Mouvement El-Islah réaffirme sa position définitive pour l’élection présidentielle de 2019 en appelant le président Bouteflika à poursuivre l’œuvre de stabilité et de développement », arguant qu’ « il est, à nos yeux, le plus apte à consolider les fondements de la réconciliation nationale dans le pays, le plus à même de parachever le processus de développement global et le plus soucieux de l’avenir de l’Algérie, en général, et des Algériens, en particulier, à la lumière des développements en cours sur la scène régionale et internationale». En ce sens que le rendez-vous de la présidentielle constitue un test de vérité pour les islamistes, plus que jamais à distance les uns des autres