S’il y avait le moindre doute sur l’avenir incertain du monde actuel, ce qui s’est passé hier est venu l’effacer. En ajournant sa réunion pour jeudi prochain (demain), alors qu’elle était prévue hier, l’OPEP+ n’a fait que confirmer toutes les appréhensions qui règnent à tous les niveaux et quasiment partout dans le monde. Les membres de l’Organisation n’ont ainsi pas pu se mettre d’accord sur la stratégie à adopter face aux incertitudes des prochains mois. Pourtant, de nombreux analystes annonçaient, avec moult arguments, que la réunion de lundi devait être une formalité pour la prolongation du seuil des baisses de production pétrolière des signataires de l’accord d’avril dernier. C’était sans compter sur un des pays fondateurs de l’OPEP, dont les ambitions deviennent de plus en plus démesurées depuis quelque temps déjà. Le visé est une monarchie du Golfe, pas l’Arabie Saoudite, mais plutôt les Emirats Arabes Unis. Ce pays de moins de 10 millions d’habitants a affiché son intention de ne pas suivre les autres membres de l’organisation, en refusant de prolonger le retrait actuel du marché des 7,7 mb/j, pour une durée de trois mois supplémentaires. Les Emirats Arabes Unis veulent ainsi profiter rapidement des lueurs d’espoir suscitées par la possibilité d’allègements des mesures de confinement à travers le monde et surtout les annonces de la disponibilité, à très court terme, des fameux vaccins anti-Covid. Une impatience qui n’est pas partagée par les autres membres de l’OPEP ainsi que la majorité des alliés de l’organisation, qui restent sur leur garde. Les Emirats Arabes Unis sont impatients de profiter de la période actuelle qui a vu une hausse des prix du pétrole. Abou Dhabi aura-t-elle gain de cause ?
Les résultats de la réunion de ce jeudi seront déterminants pour les marchés pétroliers, mais également vont permettre une « lecture » de ce qui se trame pour l’année 2021. Les retombées ne seront pas uniquement économiques. La géopolitique mondiale en dépend également.