Le président du mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderezak Makri, persiste et signe : «Un cinquième mandat est peu probable». Il l’a, en effet, réitéré hier, à l’occasion de la rencontre des présidents de bureau de son parti, qu’il a présidé à Alger.

«Le mouvement l’a dit et le redit encore aujourd’hui, les chances qu’il y ait un cinquième mandat présidentiel se réduisent de plus en plus et les partis du pouvoir, qui l’ont annoncé dans un premier temps, sont en train de reculer sur cette possibilité, dans un second temps, car cette option est intimement dépendante de la santé du président de la République» a-t-il lancé à l’assistance. Expliquant que «les partis du pouvoir ne parlent plus d’un cinquième mandat mais plutôt de continuité», Makri s’interroge dès lors : «Est-ce à dire que le mandat sera prolongé à 7 ans au lieu de 5 ?». Makri a exprimé les différentes possibilités qui s’offrent à sa formation politique en cas de non faisabilité du 5e mandat, à commencer par la présentation d’une candidature interne au parti. «Le MSP peut présenter son candidat à la présidentielle de 2019», a-t-il lancé, arguant que «nous avons la capacité d’être de sérieux concurrents, tout comme nous avons l’aptitude de réaliser la croissance pour le pays et même constituer un consensus autour de nous». L’autre hypothèse qui s’offre au parti concerne un consensus de l’opposition autour d’un candidat unique pour 2019 : «Nous pouvons accepter le débat autour d’un candidat de l’opposition et un projet politique sérieux et consensuel qui permettra au pays de sortir de la situation délétère dans laquelle il se trouve.» L’autre hypothèse que brandit le président du MSP concerne le choix du boycott de la présidentielle de 2019 : «Nous pouvons opter pour le boycott de l’élection présidentielle dans le cas d’un 5e mandat effectif.» S’exprimant à propos des derniers changements au sein de l’armée nationale populaire (ANP), Makri, qui soutient que «l’institution militaire est, Dieu merci, forte», explique que «ce qui nous importe est plus le fait que l’ANP soit une institution unie que les nominations ou les changements en son sein… Ce qui nous importe est que nos institutions se limitent à jouer leur rôle constitutionnel», avant de s’interroger : «N’est-ce pas que c’est dommage quand le citoyen remarque que l’institution militaire prend parti en faveur d’un tel ou tel ? ». S’exprimant sur la loi de finances pour 2019, Makri a estimé que l’impression de nouveaux billets n’a pas été orientée vers l’investissement. «La monnaie imprimée a été plutôt orientée vers le fonctionnement au lieu de l’investissement», a-t-il déploré avant de se demander «comment cela fait qu’après 20 ans de dépenses, on n’arrive qu’à 2,6% de croissance?». Aux yeux de Makri, la raison en est qu’«on est beaucoup plus orientés vers la consommation que vers la production ». Makri conclura en déclarant être «totalement insatisfaits des bilans des différents gouvernements qui se sont succédé, car le pays est en situation de faillite financière à cause de la gestion de ces différents gouvernements». <