Le collectif de défense du moudjahid Lakhdar Bouregaâ, mis en détention provisoire, a rendu visite au commandant de l’ALN incarcéré à la prison d’El-Harrach. L’un de ses membres, Maître Abderrahmane Salah, souligne ici que le prévenu plaide innocent.

Reporters : Vous avez rencontré le commandant de l’ALN Lakhdar Bouregaâ qui se trouve en prison. Dans quel état est-il ?
Abderrahmane Salah : 24 heures après sa mise en détention préventive par le juge d’instruction du Parquet de Bir Mourad Raïs, nous avons rencontré l’ancien commandant de l’ALN, incarcéré à la prison d’El-Harrach. Il se porte bien et garde le moral malgré son âge avancé et les maladies chroniques dont il souffre.

Que reproche-t-on dans cette affaire à Lakhdar Bouregaâ jusqu’à le mettre en détention provisoire ?
Il est placé sous mandat de dépôt pour « humiliation d’un corps constitué » et contribution en temps de paix à un projet visant à affaiblir le moral de l’Armée et à nuire à la défense nationale. Ce que souhaite le collectif ainsi que la famille du prévenu est qu’il ait droit à un procès juste et équitable.

Que pense le prévenu des griefs qui lui sont reprochés ?
Bouregaâ plaide innocent. Il dit qu’il n’a fait qu’exprimer une opinion qui, visiblement et malheureusement, a été mal interprétée. Bouregaâ nous a dit, lors de l’entrevue, que l’Armée nationale populaire est tellement solide que nulle déclaration ne peut l’ébranler. C’est un ancien commandant et enfant de l’Armée ; une institution à laquelle il ne peut porter atteinte sous n’importe quelle condition. D’ailleurs, cette affaire ne l’a pas bouleversé, puisqu’il n’a pas manqué lors de notre rendez-vous pour nous parler du Hirak, de son avenir et de la nécessité de rester mobilisé et, notamment, son espoir quant à l’implication des étudiants dans le mouvement populaire en cours.

Comment allez-vous bâtir votre plan de défense ?
Il faut souligner qu’on est un collectif de 50 avocats, qui s’est constitué pour assurer la défense de l’ancien commandant. Certains d’entre nous ont été sollicités directement par la famille du prévenu, tandis que d’autres se sont autosaisis et ont manifesté leur « engagement et leur disponibilité » à prendre en charge l’affaire Bouregaâ. Ce collectif aura ses coordinateurs qui vont fédérer et collaborer l’énergie d’une armada d’avocats. Un nombre qui ne peut, en aucun cas, causer d’ennuis ou de désagrément, du moment que ce n’est pas la première fois que des robes noires se constituent dans un collectif aussi nombreux. Cinquante avocats pour défendre l’ancien commandant de l’ALN est un atout que l’on va exploiter pour plaider l’innocence du grand révolutionnaire.

Des médias se sont précipités en l’accusant d’usurpation d’identité ?
Il est honteux que des médias nationaux prennent position contre le moudjahid sans vérifier la véracité des informations postées sur le réseau social facebook. Une allégation qui prête à la satire, car dans la convocation qu’il a reçue du tribunal, il est écrit Ahmed Bouregaâ, alors que la famille fait savoir que le présumé « Ahmed» ne figure pas dans la famille.
Comment le collectif a accueilli la réaction de l’Organisation nationale des moudjahidine ?
Après une campagne calomnieuse et diffamatoire, on ne peut que se réjouir de la réaction de l’ONM, qui a redonné de la considération à une figure emblématique de la guerre d’indépendance. Cette organisation, que nul ne peut nier le témoignage, est d’ailleurs la seule habilitée à se prononcer sur le parcours du combattant. Ce qu’elle a fait d’une façon qui ne prête pas à équivoque.