Abderrahmane Benkhalfa, ancien ministre des Finances et envoyé spécial de l’Union africaine (UA), a souligné qu’un ensemble de réformes bancaires, financières et économiques est plus que nécessaire pour réaliser le décollage économique et créer la valeur ajoutée à laquelle l’Algérie aspire.
Invité, hier, de l’émission de la Chaîne I de la Radio nationale, l’expert financier a souligné, au lendemain du Conseil des ministres avec à l’ordre du jour le plan de la relance socio-économiques, qu’«il était crucial pour l’Algérie que le dossier de la relance économique soit une priorité en parallèle de la gestion de la crise de la Covid-19».
Selon Abderrahmane Benkhalfa, ce programme de relance se penche sur plusieurs points essentiels dont le plus important est la stratégie de la sortie de la crise post-Covid-19 ainsi que l’ouverture des réformes ciblées du secteur économiqus. Il s’agit aussi de travailler d’une manière efficace sur la relance des secteurs considérés comme des accélérateurs de croissance afin d’impulser une réelle dynamique au marché du travail. Ceci tout en diminuant l’impact des freins à la croissance, notamment la bureaucratie et les entraves administratives des investissements. Dans le même esprit, l’expert financier estime que les réformes de l’économie algérienne passent aussi par la révision des modalités du financement du secteur économique avec «l’ouverture des grands chantiers structurels pour passer aux nouveaux modèles de financement de l’économie», précise-t-il. D’autant plus que le plan de relance économique s’inscrit dans l’urgence de la situation actuelle, difficile et compliquée, conséquence d’une sortie d’une année 2019, où il n’y a pas eu de croissance économique, tandis que le premier semestre de l’année 2020 a été marqué par des réformes politiques et la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19.
Abderrahmane Benkhalfa a aussi salué la feuille de route pour la relance et le développement du secteur de l’industrie, tracé par le Chef de l’Etat qui a instruit le ministre de l’Industrie pour une réforme du tissu industriel, notamment en libérant les cahiers des charges avant le 22 juillet prochain, concernant notamment le secteur de la construction automobile, la production d’électroménagers et donner la priorité aux secteurs de la transformation et des start-ups.

Priorité à l’industrie de la transformation agricole
Dans cette optique, l’intervenant sur les ondes de la Radio nationale estime que la priorité doit être donnée à l’industrie de transformation agricole dans la future stratégie industrielle. Il ajoute qu’il est aussi important de prendre en considération la révision de règles d’investissement pour une réelle ouverture économique avec des modalités attractives pour les investisseurs privés et étrangers afin de créer de la valeur ajoutée et placer l’Algérie au niveau des standards internationaux.
Par ailleurs, il a précisé que la réforme de l’économie nationale passe par le renouvellement des outils économiques et la mise en place de la gouvernance économique en plus de moderniser les rouages de l’économie et de sa structure en réduisant les entraves bureaucratiques. Il a ajouté que l’ouverture du capital des entreprises publiques constitue le moteur du marché financier avec une accélération de l’expansion de la taille de ces entreprises. Soulignant que dans le contexte actuel, il est important de ne pas confondre une logique économique avec une logique sociale au sein des grandes institutions qui n’ont pas l’efficacité économique des entreprises. Dès lors, le retour à la préférence nationale est plus que nécessaire pour se libérer de l’économie de la rente et relancer le secteur industriel et agricole.
Au final, concernant les réformes bancaire et financières, l’ancien ministre des Finances souligne la nécessité de réformer le système
fiscale en octroyant des avantages aux entreprises rentables et qui créent de l’emploi. Il préconise aussi de libérer le marché et les prix, soulignant qu’à l’heure actuelle les transactions commerciales ne sont pas transparentes et souffrent d’une grande absence de facturation, ce qui indique que le contrôle du marché et le contrôle des prix et des marges doivent être effectués de manière automatique étant donné que le contrôle administratif n’a pas réussi à le faire. Concluant qu’aujourd’hui il est plus que temps que l’Algérie se mette au niveau des standards internationaux afin d’atteindre un certain standing sur la scène économique mondiale. <