Le Forum civil du changement (FCC), qui regroupe plusieurs associations de la société civile, plaide pour un large débat au sein de la classe politique autour de la mouture finale du projet de révision de la Constitution qui sera soumis le 1er novembre prochain à l’approbation du peuple. Par contre, le Forum présidé par Abderrahmane Araar, ne voit pas d’utilité à ce que le projet passe par la voie parlementaire, une étape qu’il considère comme «une perte de temps».
Le président du FCC, Abderrahmane Araar, appelle en effet à ce que le contenu final du projet de révision de la Constitution soit soumis au débat entre les différentes formations politiques et organisations de la société civile, lesquelles, il y a trois mois, ont été destinataires d’une copie de l’avant-projet de révision de la Constitution.
M. Araar propose, par ailleurs, de passer directement au débat public sans avoir à «soumettre le projet à l’approbation parlementaire». Une phase qu’il considère comme une «perte de temps», indique le président du FCC. Ce dernier juge « crucial» que la mouture finale traduise les revendications portées par le mouvement populaire du 22 février. «Il est essentiel que le contenu final qui sera soumis au référendum populaire le 1er novembre reflète les revendications du mouvement populaire portées par les Algériens qui aspirent à une nouvelle Algérie», dit-il.
Abderrahmane Araar souhaite également que les propositions formulées par les parties sollicitées pour enrichissement de l’avant-projet de loi soient prises en considération dans le processus de formulation du projet d’amendement de la Constitution par le Comité d’experts présidé par le Constitutionnaliste Ahmed Laraba.
Notre interlocuteur évoque entre autres les «propositions liées à l’indépendance de la justice et la consolidation de la séparation des pouvoirs», «la consolidation de l’indépendance du pouvoir judiciaire». Ce dernier souhaite en particulier que les propositions liées à la «dissolution du Conseil de la nation soient prises en compte». «On veut un Parlement avec une seule chambre», ajoute M. Araar, qui propose «d’orienter le budget consacré au fonctionnement de cette institution à des investissements productifs pour l’Etat».
S’agissant du volet lié à l’identité, Abderrahmane Araar estime que la question identitaire fait «consensus» au sein de la population, mais souhaite que les propositions qu’il a faites par rapport à la «nature du régime», soient prises en considération, sachant que l’ex-chargé de mission au niveau de la présidence de la République Mohamed Laagab avait indiqué que les amendements qui seront apportés à la mouture de la Constitution soumise à débat ne toucheront pas aux volets liés à l’identité nationale et à la nature du régime.
«Les propositions qui seront présentées dans ce sens ne seront pas prises en considération dans le processus de formulation du projet d’amendement de la Constitution», avait déclaré en juin dernier Mohamed Laagab. Il y a lieu de rappeler que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé qu’un «texte» englobant les propositions de tous et chaque article incluant toutes les propositions, pour, à la fin, prendre en compte les propositions de la majorité…