Face aux difficultés des entreprises algériennes, aggravées par le contexte de la pandémie mondiale de la Covid-19, dont l’impact en Algérie a été marqué par des reports de paiement de salaires de leurs employés, mais aussi, à celui des redevances réclamées par les banques et les services fiscaux, Abdelwahab Ziani, président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA) a salué les décisions du gouvernement pour faire face à la crise, mais estime que pour que ces décisions soit effectives, il devient aujourd’hui impératif d’éradiquer la bureaucratie et les lenteurs administratives qu’elle engendre.
Intervenant, hier, à l’émission «L’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III de la Radio algérienne, Abdelwahab Ziani, président de la CIPA, souligne que les freins bureaucratiques de l’administration et le blocage des moyens de transport des marchandises et des personnels imposés par le confinement mettent les entreprises dans de graves difficultés. Il met ainsi en exergue le fait que les mesures adoptées par le gouvernement en faveur du secteur productif ne se soient pas répercutées en temps opportun «pour être rapidement appliquées sur le terrain, en raison, des tracasseries administratives».
Il enchaîne en estimant qu’«aujourd’hui, la survie de l’entreprise dépend de la célérité de l’administration. Il s’agit d’accompagner les entreprises pour qu’elles ne meurent pas», affirmant que si la bureaucratie et la lenteur des procédures administrative persistent, cela va amener inéluctablement à la mort de plusieurs entreprises algériennes et par ricochet à une hausse du taux de chômage. Abdelwhab Ziani précise avec regret que «si une entreprise meurt c’est difficile de la redémarrer et, aujourd’hui, mettre la ressource humaine qui a été formée au sein de ses entreprise c’est aussi très difficile».
Insistant sur l’importance de lever les verrous bureaucratiques, Abdelwaheb Ziani lance un appel à tous ceux qui travaillent dans l’administration en leur disant «faite vite et donnez des résultats parce que plus vous retardez une décision, plus les entreprises devront mettre au chômage des personnes et des pères de famille». Il affirme que le déblocage doit se faire dans les esprits pour que l’entreprise puisse vivre et encore mieux recruter.
Dans cette conjoncture, il insiste sur l’importance effective des mécanismes d’accompagnement et de soutien des entreprises. Pour réussir le pari de la relance, il appelle à «enclencher rapidement ces mécanismes de soutien et d’accompagnement, afin de ne pas laisser le tissu industriel se détruire».
En même temps, il souhaite que le gouvernement puisse poursuivre le moratoire jusqu’à la fin de l’année en cours, du taux zéro des prêts bancaires consentis aux entreprises.

Une tripartite pour sauver l’économie nationale
Le président de la CIPA a également mis en exergue l’importance de la préférence nationale pour une relocalisation de la production, déclarant que «si préférence nationale devait se faire de fait et que le gouvernement accompagne les entreprises avec un pacte de confiance, je n’aurais pas peur pour les ressources humaines». Ajoutant : «Pourvu que la préférence nationale intervienne avec un pacte de confiance.»
A propos de la Tripartite prévue les 16 et 17 août entre les opérateurs économiques et les syndicats, ces derniers auront, entre autres, à discuter des moyens de relancer la machine économique, en la relocalisant, mais aussi d’étudier les moyens de reconquérir les marchés perdus. Abdelwahab Ziani parle d’un gap à rattraper de 70% pour le marché national. Il annonce également que pour la première fois un seul document représentera les revendications du patronat et des organisations syndicales, affirmant que «plus qu’une Tripartite, c’est une réunion économique entre partenaires sociaux, car maintenant il faut qu’on arrête de se quereller et de trouver des solutions à la situation actuelle». Le président de la CIPA explique à ce propos que «nous sommes en train de fusionner les idées de toutes les confédérations patronales et organisations syndicales pour avoir la même réflexion, quelques interlocuteurs ont été désignés et le reste des discussions seront purement techniques. Il s’agit de comment amener tout le savoir-faire des patronats pour savoir comment aider notre gouvernement à sauver l’économie nationale», insistant sur le fait que «95% des revendications des syndicats est de trouver des solutions pour sauver l’économie et faire sortir l’Algérie de la crise».<