Par Milina Kouaci
Alors que l’année scolaire 2020/2021 n’est pas encore clôturée officiellement, le débat est déjà centré sur la date de reprise des cours en raison notamment de rumeurs qui ont circulé sur le report de la prochaine rentrée scolaire au mois d’octobre.
Dans un post sur sa page Facebook, le président de l’Organisation algérienne des enseignants de l’éducation (Majal) Boudjemaa Chihoub a indiqué que la tutelle a programmé initialement la rentrée scolaire pour les 5 et 7 septembre, qualifiant de «rumeurs» les allégations portant sur son report au mois d’octobre.
Sans avoir d’indications officielles de la tutelle, le porte-parole de l’Unpef Abdelouahab Lamri Zegar estime pour sa part que la rentrée scolaire sera amorcée en septembre. «Le lancement de l’année scolaire a été retardé l’année passée en raison du chamboulement qu’a connu le calendrier des examens nationaux», rappelle M. Zegar. L’année scolaire 2019/2020 a été perturbée par le coronavirus et la fermeture des établissements scolaires depuis mars. Une situation qui a conduit la tutelle à annuler l’examen de 5e, de déclarer celui du BEM facultatif et celui du Bac a été organisé en septembre.
«Des facteurs qui ont fait que la rentrée soit retardée et l’année pédagogique s’est déroulée dans des circonstances exceptionnelles. Si le calendrier habituel de la prochaine rentrée scolaire devait être chamboulé, la tutelle aurait communiqué», poursuit notre interlocuteur, qui exclut ainsi toute éventualité de retarder la rentrée scolaire.
Menaces sur le bon déroulement de l’année scolaire
Mais ce qui inquiète davantage les syndicats enseignants, ce sont les revendications socioprofessionnelles des travailleurs en suspens. Ils réclament la revalorisation du point indiciaire, la protection du pouvoir d’achat et la révision du programme scolaire. «Si nos revendications urgentes ne sont pas satisfaites durant les vacances d’été, la rentrée sociale risque d’être marquée par des actions syndicales», prévoit le porte-parole de l’Unpef. Afin de palier l’érosion du pouvoir d’achat, des syndicats avaient exigé, lors des rencontres bilatérales avec la tutelle, d’instituer des primes ou d’augmenter l’indemnité de soutien scolaire et de remédiation pédagogique (ISSRP) servie mensuellement au taux de 15 % à 60%, en attendant d’avoir un nouveau statut particulier. Neuf syndicats du secteur avaient menacé de renouer avec les actions de protestation dès l’entame de l’année scolaire.
S’agissant du sondage lancé par la tutelle sur l’évaluation du plan pédagogique exceptionnel et du mode d’enseignement par groupes, adoptés depuis le début de l’année scolaire dans le cadre des mesures prises pour faire face à la pandémie de coronavirus, Zoubir Rouina estime que «c’est un subterfuge pour contourner les revendications des enseignants et prétendre avoir l’aval des instituteurs pour reconduire ce mode d’enseignement qui implique des moyens humains et matériels».
Ce dernier reproche à la tutelle de viser la base et d’ignorer son partenaire social qui représente les travailleurs. Il n’a pas manqué de situer les défaillances et les manquements, en particulier, l’augmentation du volume horaire et la difficulté de terminer le programme dans les délais. La reconduction de ce mode d’enseignement, qui s’est imposé en raison de la situation sanitaire, implique de recruter des enseignants et de réviser le programme.
Les syndicats pourraient voir plus clair après la proclamation des résultats du BEM et du Bac prévus respectivement les 5 et 20 juillet prochain. <