Ayant fait preuve d’une totale maladresse dans la gestion et la communication autour de l’épidémie du choléra, le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière s’est attiré non seulement les foudres de la population, mais aussi de certains responsables du secteur, à l’image d’Abdelouahab Bengounia, chef de service infectiologie au CHU Mustapha-Pacha

, qui a accusé le département de Hasbellaoui d’être l’unique «responsable» de cette propagation, lors d’un point de presse organisé à Alger. «Le ministère de la Santé est responsable de cette épidémie car nous n’avons pas de politique sanitaire claire», a-t-il déclaré. Le responsable est aussi revenu sur l’annonce de l’épidémie faite jeudi dernier, se disant «déçu» des propos du directeur de l’Institut Pasteur.

«J’ai été déçu et choqué d’entendre dire qu’annoncer une épidémie telle que le choléra est une preuve de courage politique, nous avons vraiment atteint le fond», a-t-il déploré, affirmant que nous faisons face aujourd’hui à «la faillite du système de santé». Il ira plus loin en qualifiant les propos du ministre de la Santé de «honteux» lorsque ce dernier, pour rassurer la population, avait affirmé qu’il mettra terme à l’épidémie en deux ou trois jours. «Il est vraiment irresponsable de la part du ministre de la Santé d’assurer aux gens que le choléra disparaîtra en deux ou trois jours, cela est inadmissible», a-t-il dit. Lors de sa dernière apparition depuis le début de l’épidémie, en visite à l’hôpital de Boufarik, Mokhtar Hasbellaoui avait multiplié les déclarations ahurissantes en affirmant que le cauchemar sera fini en quelques jours et que le président de la République prenait régulièrement des nouvelles des malades atteints du choléra. Ayant pris beaucoup de retard pour la prise en charge de cette épidémie, 15 jours après le constat des premiers cas, le ministre de la Santé s’est sérieusement discrédité auprès de l’opinion publique.