Les consultations entre les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs partenaires engagés dans l’accord Opep+ se poursuivaient, hier, en prévision de leur réunion qui aura lieu aujourd’hui par visioconférence.
Cette réunion devait se tenir mardi, avant d’être décalée de deux jours pour absence de vision commune en cette période, où le marché pétrolier demeure toujours sous la menace de la situation sanitaire, imposant une riposte adéquate de la part des pays producteurs. Nombreux parmi ces derniers seraient prêts à accepter l’option de l’ajustement de l’accord conclu en avril dernier et de décaler les rajouts de production (1,9 milliard de barils par jour) prévus à partir de janvier. Mais cette solution visant à éviter des excédents supplémentaires de l’offre mondiale ne fait pas l’unanimité parmi les membres de l’Opep+. D’où le choix du cartel de poursuivre ses consultations avec ses alliés, de sorte à trouver un accord susceptible de prémunir le marché contre un nouvel effondrement après celui causé par la première vague de la pandémie de la Covid-19, le printemps dernier.
C’est ce qu’a fait savoir en substance le ministre de l’Energie et président de la Conférence de l’Opep, Abdelmadjid Attar. «Il a été convenu de poursuivre les consultations avec les pays non-Opep participants à la Déclaration de coopération avant de se réunir à nouveau autour d’un consensus adapté à la demande pétrolière, au marché, et à l’ensemble des pays producteurs», a déclaré M. Attar, mardi, dans une déclaration à Radio Internationale.
C’est d’ailleurs pour permettre aux consultations d’avoir lieu qu’il a été «jugé préférable de donner plus de temps à ces consultations et de reporter la réunion de l’Opep+ au jeudi 3 décembre 2020», a-t-il expliqué, ajoutant que cette démarche témoigne de «la volonté de tous d’aboutir à un consensus». En ce sens, M. Attar n’a pas manqué de réitérer son optimisme, relevant que «les discussions d’hier (ndlr, réunion de l’Opep tenue lundi) ont parfaitement mis en évidence une convergence des points de vue» des pays membres de l’Opep. «Je suis encore plus optimiste que nous réussirons tous ensemble à aboutir à un consensus», a-t-il rassuré. C’est, dans tous les cas, dans cet objectif que l’Algérie continuera à œuvrer, a ajouté le président en exercice de l’Opep. «Notre position est claire. Nous restons à l’écoute de tous et nous sommes flexibles», a- t-il soutenu.
Concernant la 180e réunion ministérielle de la Conférence de l’Opep lundi par vidéoconférence, il a jugé qu’elle a été très «constructive» et a donné lieu à un riche échange de points de vue sur la situation du marché. Selon le ministre de l’Energie, la prudence doit rester de mise sur le marché pétrolier, «même si sur le plan sanitaire, il y a de plus en plus de bonnes nouvelles indiquant la possibilité d’allègements des mesures de confinement à travers le monde et, par conséquent, une possible reprise économique à travers le monde. Référence faite à l’annonce d’un vaccin par plusieurs laboratoires pharmaceutiques et la programmation des premières campagnes de vaccinations massives qui ont fait renaître l’espoir d’un rebond de la demande mondiale de brut.
Pour rappel, les discussions officielles des membres de l’Opep ont été entamées lundi, mais il a été décidé de poursuivre les consultations mardi avant de tenir la 12e réunion ministérielle des pays membres de l’Opep et non-Opep participants à la Déclaration de coopération.  Les réunions de l’Opep ont été précédées dimanche par des discussions entre les pays concernés, lors desquelles certains membres ont émis des réserves sur la possibilité de prolonger le retrait actuel du marché, à savoir de 7,7 mb/j, pour une durée de trois mois supplémentaires, c’est-à-dire du 1er janvier à fin mars 2021. <