Le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, a exhorté les membres du gouvernement, à la fin des travaux du Conseil des ministres tenu dimanche dernier, à poursuivre leur travail concernant les préparatifs de l’organisation de la présidentielle du 12 décembre prochain, tout en les appelant à «intensifier les efforts» et à «la vigilance» dans le contexte tendu que connait le pays.

Même si le Conseil des ministres était réservé, dans sa grande partie, à l’examen et à l’adoption du projet de loi de finances pour 2020 et à celui des hydrocarbures, il était attendu que
Abdelkader Bensalah saisisse cette occasion pour s’exprimer sur la future présidentielle, dès lors que la mission première du Chef de l’Etat intérimaire est de veiller à l’organisation de cette élection, et ce, jusqu’à la prestation de serment du futur président de la République.
Après avoir déclaré que «par l’approbation d’une batterie de textes législatifs importants ayant trait à des aspects essentiels de la vie de nos concitoyens et s’inscrivant dans le cadre de l’amélioration et du développement du système de gouvernance dans notre pays, nous avons franchi un grand pas sur la voie de l’instauration de bases saines pour la prise en charge des préoccupations des citoyens et ouvert la voie à la relance de la croissance économique et à la consécration de la justice sociale», il estime qu’«ainsi, nous avons réuni le climat aux réformes qu’engagera le président qu’élira, en décembre 2019, le peuple en toute liberté et souveraineté».
Le Chef de l’Etat intérimaire a enchaîné : «Dans ce cadre, j’en appelle à la mobilisation de tous pour poursuivre le travail aux fins de faire aboutir la prochaine élection présidentielle, d’autant que l’Etat a réuni toutes les conditions et mobilisé tous les moyens en prévision de cette échéance nationale décisive.»
«Et en prévision de ce rendez-vous important, j’exhorte le gouvernement et l’ensemble des responsables au niveau des institutions et administrations publiques à faire preuve de vigilance, à consentir davantage d’efforts et à intensifier les visites de terrain pour être à l’écoute des préoccupations légitimes de nos concitoyens et leur trouver les solutions idoines, tout en œuvrant à l’amélioration de leurs conditions de vie», a-t-il souligné, dans son allocution prononcée à la fin de la réunion du Conseil des ministres, le deuxième depuis son installation en avril dernier.
Sans aucune équivoque et d’une façon on ne peut plus claire, les déclarations de M. Bensalah indiquent que le cap de la présidentielle est maintenu. Parallèlement aux préparatifs en prévision de ce rendez-vous électoral, les protestations citoyennes se poursuivent, notamment à travers les marches des vendredis et des mardis.
Des marches durant lesquelles les principales revendications de la population sont clamées et réclamées et ont trait, de façon unanime, au départ du système décrié et à tous ses symboles, ainsi qu’au refus de participer à des élections dans ces conditions où la confiance est rompue entre gouvernants et gouvernés. Une confiance rompue alors qu’elle constitue le ciment indispensable entre les deux parties pour un retour à une vie normale du pays.
A la crise multidimensionnelle d’une telle ampleur qui secoue l’Algérie, sur les plans politique et économique notamment, viennent se greffer d’autres éléments qui représentent des facteurs d’aggravation de la crise. En effet, un autre point de discorde est venu s’ajouter au tableau des dissensions, le projet de loi sur les hydrocarbures en l’occurrence, que bon nombre d’experts ont considéré «inopportun en cette conjoncture que traverse le pays».
Avant-hier, les Algériens sont sortis en masse pour dire leur rejet de cette loi. Ils l’ont exprimé haut et fort devant le siège de l’Assemblée populaire nationale (APN), là où cet avant-projet de loi se transforme en loi à travers la «bénédiction» des députés qui sont élus par le peuple et, par conséquent, censés défendre la voix du peuple.
Ce n’est pas non plus «la forme» pour la future présidentielle concernant son volet organisationnel, ce dernier connaissant des problèmes sur le terrain. L’Autorité nationale indépendante des élections, qui assume l’organisation et la supervision de l’ensemble du processus électoral, de la révision des listes électorales à la proclamation des résultats préliminaires, continue de faire face à des résistances au niveau de certaines wilayas pour l’installation de ses délégations.
Les postulants à la candidature à la présidence de la République ne sont pas en reste en termes de problèmes, dont le plus important en cette phase de préparation des dossiers de candidatures est celui de la récolte des 50 000 signatures. Ce qui constitue un véritable écueil pour un grand nombre de postulants, dont le nombre a atteint les 139, et une exigence que ne peuvent satisfaire, selon toute vraisemblance, que ceux d’entre eux qui peuvent compter sur une base militante, à l’instar des chefs de partis ayant une représentation à l’échelle nationale.