Le Docteur en économie Abdelhak Lamiri estime qu’une véritable relance économique de l’Algérie est conditionnée par des réformes structurelles profondes avec en priorité la création d’industries du savoir et du savoir-faire basées sur les sciences et l’intelligence humaine.
Il conforte ses propos en affirmant que les choix de la réorientation des ressources pour aller vers une économie productive performante, au niveau international, se focalisent sur une industrie du savoir, un développement humain et un management de classe internationale. Des éléments essentiels qui n’existent pas en Algérie.
L’expert en économie, «Invité de la rédaction» de la Chaîne III de la Radio Algérienne hier, estime que dans un contexte où l’économie algérienne est en train de vivre «un choc terrible et multidimensionnel» à cause notamment de la pandémie de la Covid-19 et de la chute des cours pétroliers, il «est temps que l’Etat prenne des décisions courageuses pour de réelles réformes structurelles profondes.
Il déplore à ce sujet que «depuis une quarantaine d’années déjà, on n’a cessé de ressasser l’idée de lancement d’une stratégie de développement et la relance d’une économie forte en Algérie sans, qu’à ce jour, on n’en perçoive le moindre résultat». L’intervenant sur les ondes de la Radio nationale souligne à ce propos qu’il s’agit aujourd’hui de développer une stratégie à court et à long termes. Suggérant que dans le court terme, il faudrait trouver des solutions à l’épineux problème du financement de l’économie afin qu’elle puisse redémarrer. Toutefois, le Docteur Lamiri estime que le financement n’est pas le véritable problème de l’économie algérienne, mais la véritable problématique est une vision à long terme qui pose la question de l’efficacité et de l’émergence d’une économie forte, capable de générer de la compétitivité et une croissance fortes.
Il rappelle que l’Algérie a longtemps disposé de ressources financières importantes sans pour autant qu’elles soient utilisées pour construire une économie productrice de richesses et de développement.

Les sciences au secours de l’économie
Appelant, à une réorganisation du fonctionnement de l’Etat et de sa stratégie, il s’interroge sur le fait «de savoir pourquoi des pays avancés planifient leur développement sur 40 années, alors que nous restons ancrés sur des problèmes marginaux de financements». Sur le long terme, il souligne que l’Algérie ne pourrait trouver de solution qu’au travers de réformes structurelles profondes.
L’expert souligne que pour mettre en place une économie cohérente, les clefs de la réussite sont trois conditions essentielles. La première est la réorganisation de l’Etat et la pérennisation d’une institution composée des meilleurs scientifiques qui vont créer les conditions stratégiques et opérationnelles pour réussir un
plan de relance. La seconde est la mise à niveau des institutions qu’elles soient administratives ou économiques. La troisième est d’investir dans la création de l’industrie du savoir, un élément crucial pour un réel développement de l’Algérie.
Il affirme à ce sujet que «nous voulons construire une industrie et une agriculture efficaces, nous voulons débureaucratiser, nous voulons exporter, mais pour réussir ce décollage économique, il nous faut des industries de savoir, des sociétés spécialisées et expertes en management des administrations, en stratégie et en qualité. Il y en a très peu en Algérie et la plupart ne sont pas très efficaces». Concernant le Comité scientifique créé récemment, le Docteur Lamiri estime qu’il est «encore isolé dans sa démarche». Il ajoute que ce comité mériterait d’être épaulé par des dispositifs de communication et des spécialistes en sciences sociales, mais également complété par une restructuration des institutions de l’Etat, développant et pérennisant des savoir-faire.
L’expert en économie ajoute que dans une atmosphère économique anxiogène, «si on veut être un grand pays qui gagne sur la scène international, on a besoin de communication pour booster le moral des Algériens». Enchaînant que pour cela, il faut des décisions politiques très courageuses pour un véritable changement des mentalités et être offensif sur le plan économique. Martelant avec conviction que «nous avons les moyens de le faire sur le plan économique, politique et sur le plan de la mise en œuvre».
Il conclut son intervention en affirmant que «le jour où on mettra une obligation de résultats sur des critères de performances basés sur un business management à tous les niveaux, tant dans, les institutions, les universités, les hôpitaux et les wilayas, ce jour-là on pourra avoir un développement en Algérie». <