Depuis Annaba, où il s’était rendu, hier, pour une visite de travail et d’inspection, coïncidant avec le lancement des épreuves du baccalauréat, le Premier ministre Abdelaziz Djerad s’est adonné à un franc plaidoyer en faveur de l’entreprise productrice de richesses et d’emploi, la qualifiant de «pilier» de l’économie nationale.

Le Premier ministre, qui était attendu de pied ferme à El Hadjar, où le complexe sidérurgique, jadis fleuron de l’industrie nationale, agonisait faute de ressources financières et d’une politique de rentabilisation efficace. Le Premier ministre expliquait que la politique industrielle du programme du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’appuie sur une approche s’articulant autour de trois principaux axes, à savoir la méthodologie en matière de gestion, l’orientation vers un management moderne dans le fonctionnement de l’entreprise et l’abandon de la gestion administrative et bureaucratique. Abdelaziz Djerad a plaidé également en faveur des petites industries, dont la création ne nécessite pas, selon lui, de gros investissements, «mais plutôt d’encourager l’investisseur national qui se base uniquement sur le travail en plus de la complémentarité entre l’industrie et d’autres domaines économiques». Sa visite à Annaba était l’occasion d’entamer l’opération de récupération et l’exploitation de l’important stock de restes de matériaux ferreux ainsi que les composants du Haut-fourneau n° 1 inexploité du complexe Sider El Hadjar. Cette opération s’inscrit, d’après lui, dans le cadre d’une «gestion rationnelle», rappelant que l’exploitation de ces résidus est «susceptible de couvrir les besoins du complexe durant une période de 6 mois». Cette opération pourrait donner lieu, expliquait le Premier ministre, à la naissance de nouvelles petites industries à l’ombre de ce complexe sidérurgique qui n’a cessé de subir les contrecoups d’une gestion peu regardante sur les résultats et les principes de rentabilité. Abdelaziz Djerad, qui semblait vouloir tourner la page des péripéties qu’a connu le complexe sidérurgique par le passé, a souligné que «Sider El Hadjar demeure un des fleurons de l’industrie lourde algérienne», relevant qu’«en 2020 il y a eu un bond qualitatif dans la gestion et le management de l’industrie dans notre pays». Le Premier ministre rappelle à qui veut l’entendre la place de choix qu’accorde le programme du chef de l’Etat à l’industrie, soulignant, sur sa lancée, que l’édification d’une véritable industrie «implique de s’adapter à la réalité et de s’orienter vers la relance des petites et moyennes industries et les industries de transformation qui dépendent fortement de l’industrie algérienne, en usant des ressources disponibles et variées pour répondre aux besoins du pays et atteindre la compétitivité sur les marchés extérieurs». Dans la foulée, Abdelaziz Djerad a soutenu que la création d’une industrie réelle et de production en adéquation avec les besoins du marché doit obéir à une «pure logique économique», assurant que la gestion et le management «représentent un paramètre fondamental dans la réussite du plan de relance économique». C’est un véritable plaidoyer en faveur d’une gestion moderne des entités économiques publiques auquel s’était adonné, hier, le patron du gouvernement, critiquant, sans relâche, la gestion «administrative et bureaucratique» qui paralysait la croissance et l’activité économique. «Si l’entreprise ne suit pas une logique économique dans son fonctionnement en recourant au management alors nous continuerons à nous débattre dans des questionnements sans issue», a souligné M. Djerad au cours de l’inspection de l’unique laminoir à chaud au niveau national qui produit des matériaux plats. Le Premier ministre a affirmé à la même occasion que «le Plan de relance économique pour une industrie nationale doit s’appuyer sur les capacités nationales», précisant l’objectif de son gouvernement qui se projette dans le lancement «d’une industrie nationale qui produit de la valeur ajoutée et offre des opportunités d’emploi». Tout en s’accrochant à l’utilité économique du complexe El Hadjar, en dépit des sommes financières injectées annuellement pour le maintenir en activité, le Premier ministre a fait état de l’existence de projets industriels complémentaires et intégrés auxquels le complexe Sider peut fournir les produits nécessaires à leur fonctionnement. Il n’a pas manqué, à cette occasion, de souligner la nécessité d’une exploitation rationnelle des ressources du complexe ainsi que des capacités disponibles, brandissant ainsi l’impératif de passer à un autre modèle de gestion, tenant compte des difficultés financières que connaît le pays et les impératifs de viabilité économique et les obligations de résultats. n