La célébration, hier, de la Journée nationale de l’étudiant, coïncidant avec le 19 mai de chaque année, qui rend hommage aux étudiants algériens qui ont abandonné, en 1956, les bancs des facultés pour rejoindre le maquis de la Révolution, a été une opportunité pour le Premier ministre Abdelaziz Djerad d’aborder le rôle qu’échoit à l’Université algérienne et les missions qui lui reviennent, notamment en matière de besoins économiques.

C’est ainsi qu’il a fait part, à l’occasion de sa halte au niveau de l’Université de la formation continue (UFC), où il a procédé au lancement de la diffusion, à titre expérimental, de la chaîne El Maarifa, de la «détermination» de l’Etat à «consolider le rôle de l’Ecole et de l’Université en vue de répondre aux besoins du développement et de l’économie, en sus des autres missions académiques et de recherche».
Autrement dit, le chef de l’Exécutif exhorte la famille universitaire à jouer pleinement son rôle d’acteur essentiel dans le volet économique et de ne pas réduire l’Université à sa mission première, celle de la diffusion des connaissances dans diverses disciplines. Le Premier ministre a souligné, par la même occasion, que les deux systèmes universitaire et éducatif «doivent être au diapason du développement des programmes d’acquisition du savoir, en recourant aux nouvelles technologies (NTIC) de manière à permettre à nos universités et écoles de s’adapter à l’évolution rapide des sciences».
S’agissant de la création d’une nouvelle chaîne de TV, il a indiqué que celle-ci a pour objectif «la diffusion des connaissances et l’acquisition d’une culture générale, outre la dispense de cours dans toutes les disciplines au profit des étudiants et des élèves, notamment des classes d’examen». «Ouverte sur le monde, la nouvelle chaîne El Maarifa se veut «un espace dans lequel les connaissances et les cultures universelles se consolident et les idées se cristallisent sur le cadre de vie de la société, en sus des enjeux et défis d’avenir», a-t-il dit. Il a ajouté que les missions de la chaîne consistent à «généraliser les connaissances, les résultats de la recherche et les options des experts, à relever le niveau d’admission aux études universitaires, à présenter un contenu pédagogique référentiel aux différentes filières et à soulever des interrogations sur les enjeux de la société».
La chaîne porte également une dimension de proximité en termes de transfert des connaissances permettant l’échange des idées entre les hommes de sciences et de culture, les chercheurs et les entrepreneurs, selon M. Djerad, qui a tenu à rendre hommage aux efforts de tous ceux qui ont contribué «au lancement en un temps record» de la chaîne El Maarifa.
A propos de la célébration de la Journée nationale de l’étudiant, il a rappelé que cette date «figure parmi les haltes historiques phares de la lutte nationale pour le recouvrement de l’Indépendance, de même qu’elle est une expression de la forte participation de la jeunesse algérienne au cours des événements de la Guerre de libération nationale et son total engagement aux principes de la Glorieuse révolution du 1er Novembre 1954». M. Djerad a mis en avant le parcours accompli par les étudiants algériens qui, en 1956, avaient abandonné les bancs de l’université et des lycées et boycotté les cours, sacrifiant ainsi leurs études et leurs ambitions pour rallier les rangs de la Révolution aux côtés des moudjahidine.
Cette date constitue pour les étudiants d’aujourd’hui une occasion de «s’inspirer des valeurs auxquelles leurs prédécesseurs croyaient profondément et pour lesquelles ils ont sacrifié leur vie afin de s’acquitter de leur devoir dans la construction de l’avenir de l’Algérie, édifier l’économie nationale et encadrer l’Etat» et ce, en se consacrant «avec dévouement à l’acquisition des connaissances et des nouvelles sciences et technologies», a estimé M. Djerad.
Cette célébration constitue également une occasion pour rappeler que la connaissance constitue «un élément essentiel et fondamental pour la promotion du savoir et le développement économique durable», a-t-il souligné. Appelant les étudiants à acquérir les «clés du savoir et des connaissances et à maîtriser les langues étrangères» pour une adhésion sérieuse et efficace au processus du développement global du pays afin de le hisser aux plus hauts niveaux de développement dans tous les secteurs et domaines. Toujours à l’adresse des étudiants, il a indiqué que pour réaliser cet objectif, il faut s’inspirer des aînés qui avaient répondu à l’appel de la grève le 19 mai 1956. Il s’agit, dira-t-il, de mettre la science au centre de leurs intérêts car c’est la seule voie pour l’éveil de la patrie dont tous ses enfants «sont convaincus que son développement et son progrès sont étroitement liés avec l’adoption et la consécration des valeurs de la science et du travail». <