Le football algérien attend impatiemment la réception des nouveaux stades. Une livraison qui devrait marquer le renouveau de la balle ronde en Algérie. Surtout que, jusque-là, la discipline a dû se contenter des stades construits lors de la période coloniale dans leur majorité. Toutefois, l’Etat ne devrait pas offrir ces enceintes à des clubs sans retour sur investissement au vu des grosses sommes investies pour les mettre sur pied. Le Premier Ministre, Abdelaziz Djerad, a annoncé la couleur.

Deux cent vingt-deux (222) millions de dollars c’est le coût de construction du stade Olympique d’Oran (40.000 places). Une grosse dépense pour cet écrin d’El Bahia. L’investissement est conséquent et l’Etat ne compte pas donner les clés des lieux aux deux clubs phares à savoir le MCO et l’ASMO. Décision qui a suscité des réactions diverses.
« Le stade est réservé à l’équipe nationale algérienne et aux compétitions africaines. Aussi, il sera dédié à l’accueil des compétitions nationales et internationales », a lâché le Premier ministre Abdelaziz Djerad mardi. De quoi refroidir les dirigeants et supporters des Hamraoua et Asémistes qui pensaient que le lieu allait revenir aux clubs, pensionnaire de Ligue 1 et Ligue 2 dans l’ordre, pour y jouer ses rencontres du championnat et autres épreuves.

Rien avant les JM-2021
Il faut dire que les infrastructures, dont certaines sont en phase de construction (stades de Tizi-Ouzou et Douéra) et d’autres en phase de finalisation (stade de Baraki) sont fortement attendues. Elles sont telles des bouffées d’oxygène dans le paysage infrastructurel algérien qui souffre de carences et vétusté. La majorité des clubs jouent dans des antres rafistolés et refaits cycliquement.
Pour revenir à l’enceinte oranaise, il faut savoir qu’elle est, en premier lieu, dédiée pour accueillir les épreuves des Jeux Méditerranéens (JM) 2021 d’Oran. Il est donc logique qu’elle ne soit pas exploitée avant ce rendez-vous. Pour l’après JM, on ne sait pas ce que sera la décision. D’ici là, peut-être que la gestion dans le football national sera mieux structurée et il sera envisageable de s’engager sur des contrats de loyers que les bénéficiaires devront honorer.

Il faut penser au naming
Par ailleurs, les autorités devraient penser au retour sur l’investissement faramineux. Cela passe par l’exploitation optimale des lieux et leur préservation. Cette dernière mission s’annonce compliquée quand on voit l’état des stades du pays. Le vandalisme reste un fléau non-négligeable. Ceux qui assistent aux rencontres se défoulent souvent en saccageant les sièges, lieux sanitaires ou autres. Sans compter les fumigènes qui endommagent les pelouses (elle a coûté 17 milliards de centimes) mais aussi la piste d’athlétisme, qualifiée de « moderne », dans le cas de la bâtisse oranaise.
En outre, il sera certainement judicieux de suivre la politique de naming comme cela se fait ailleurs. Une entreprise pourrait donner son nom au stade contre un chèque à définir. Opération qui permettrait de rembourser une partie du montant global de construction. Et s’il y a une chose à ne pas faire c’est de laisser cet endroit de haut standing être exploiter par des gens qui ne sont pas capables d’assurer la gestion d’une équipe de football sans que la délinquance administrative n’éclate au grand jour. n