Le 27e Sommet Afrique-France pour le « partenariat, la paix et l’émergence » s’est tenu, les 13 et 14 janvier, à Bamako, au Mali. La rencontre a accueilli une trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement et près de 2 000 participants. Le Premier ministre, Abdelamalek Sellal y a pris part et, entre autres annonces, à l’occasion de cette réunion celle concernant la route transsaharienne Alger-Lagos qui devrait être achevée en 2017, avec la réalisation du dernier tronçon qui traversera le Niger.


«L’Algérie, a-t-il dit, voudrait faire part de l’achèvement du tronçon national de la route transsaharienne Alger-Lagos, longue de 4 800 km, et souligner que celui du dernier tronçon, situé sur le territoire de la République du Niger, est prévu en 2017. » Le projet de la transsaharienne Alger-Lagos est né il y a plus de cinquante ans d’une initiative de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique dans le but de désenclaver les pays du Sahel en leur offrant un accès vers la Méditerranée. Il pourrait également rapprocher les intérêts des économies du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest. Le tracé routier relie l’Algérie et la Tunisie à quatre pays subsahariens : le Mali, le Niger, le Tchad et le Nigeria. Il est financé par les pays concernés et par la Banque africaine de développement. L’Algérie, qui en est le premier contributeur, estime y avoir déjà investi trois milliards de dollars. Les dernières tranches de travaux de ce gigantesque chantier, dont une partie significative déroule une autoroute, ont été freinées par les problèmes sécuritaires que subit toute cette zone. Une fois le tronçon nigérien achevé et Alger enfin relié à Lagos, il restera toutefois d’importants défis à surmonter : créer un cadre légal et fiscal favorable aux échanges et aux transits de marchandises, assurer la sécurité des voyageurs et de leurs cargaisons sur des milliers de kilomètres à travers le Sahel et gérer les flux de migrants de manière moins brutale qu’ils ne l’ont été encore récemment. Sellal a également parlé de la fibre optique, indiquant que la partie algérienne du câble Alger-Lagos est désormais réalisée. La fibre optique n’avance, cependant, pas au rythme souhaité dans d’autres pays concernés par la boucle africaine, pour des raisons financières. Mais cela va changer, après que la Banque africaine de développement (BAD) eut décidé de se mettre à contribution. En effet, l’institution financière africaine vient d’octroyer un financement total de 43,9 millions d’euros au Niger. Cette enveloppe, qui est composée d’un prêt de 31,4 millions d’euros et d’un don de 12,5 millions d’euros, permettra de financer la partie nigérienne de la Dorsale Transsaharienne à fibre optique (DTS). Le projet vise à relier le Niger, le Tchad, le Nigeria et l’Algérie en fibre optique, tout en renforçant leur interconnexion avec le Bénin et le Burkina Faso. Il participera à la démocratisation de l’Internet à haut débit dans la région. Pour le Niger, la DTS permettra de poser 1 510 kilomètres de fibre optique, ce qui devrait diviser le prix de la connexion. Le projet qui a des objectifs ambitieux entend doubler la proportion de personnes ayant accès à Internet au Niger en la faisant passer de 15% de la population à 30% d’ici 2020 quand il sera achevé. Voilà un projet ambitieux dont devrait tirer profit Algérie Télécom, une entreprise phare dans le secteur des TIC. Algérie Télécom va perdre le monopole sur la boucle locale, mais pas sur la boucle internationale, dans le cadre du nouveau projet de loi sur les TIC qui sera soumis à l’appréciation des députés dans les mois à venir. Elle sera partie prenante de la boucle africaine.