Synthèse de Feriel Nourine
Alors que la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se rapproche et que des spéculations sur un renforcement de la réduction de la production de l’Opep+ se font de plus en plus entendre, le pétrole tente de conserver ses gains sans pour autant arriver à décoller.
L’évolution du baril de l’or noir maintient le baril au-dessus des 63 dollars, dans une tendance marquée par des hauts et des bas de quelques cents, alors qu’il y a quelques jours, les cours avaient dépassé les 64 dollars, soit leur plus haut depuis la fin septembre dernier. Hier, pour le dernier jour de la semaine, le baril de Brent de la mer du Nord passait une matinée plutôt calme lors des échanges européens. Vers midi, il s’échangeait 63,58 dollars sur Inter Continental Exchange, soit une baisse de 0, 45% par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) perdait 0,02% à 58,10 dollars.
« Les prix du pétrole sont en légère baisse vendredi matin alors que l’activité est limitée », a constaté Al Stanton,
de RBC, mettant en avant le jour férié de Thanksgiving aux Etats-Unis jeudi.
Les investisseurs se montraient aussi prudents à moins d’une semaine du sommet de l’Opep et de ses partenaires, les 5 et 6 décembre à Vienne, même si
« les marchés s’attendent à ce que l’accord en vigueur soit prolongé au-delà de mars 2020», a poursuivi M. Stanton. Les acteurs du marché ont désormais en ligne de mire les prochaines réunions des membres du cartel de l’or noir et de leurs partenaires (via l’accord Opep+) les 5 et 6 décembre à Vienne.
« On s’attend à ce que le niveau de production actuel des pays de l’Opep+ soit prolongé pour plusieurs mois », a estimé Tamas Varga, analyste chez PVM.
La commission économique de l’Opep a, pour sa part, souligné jeudi que le marché du pétrole sera « équilibré » en cas de maintien en 2020 des limitations actuelles de production. Mais un doute subsiste sur la position de la Russie : « le PDG du géant russe Lukoil ne voit aucune raison de poursuivre les limitations après mars 2020 », a rapporté Carsten Fritsch, de Commerzbank. Et les dernières données montrent un dépassement de la production russe de 50 000 barils par jour en novembre, selon l’analyste.
Sur un autre registre, les tensions entre Pékin et Washington n’aident pas non plus les cours : elles sont montées d’un cran jeudi sur la Hong Kong, en pleine guerre commerciale entre les deux pays. Pékin a réagi avec colère à la promulgation par le président américain Donald Trump d’une loi soutenant les manifestations pro-démocratie à Hong Kong, qualifiant ce texte « d’abomination absolue » et menaçant Washington de représailles.