Après avoir mis fin, vendredi, à une série de neuf semaines de hausse consécutives, les cours du pétrole se remettaient hier d’une clôture hebdomadaire négative, ouvrant la nouvelle semaine dans une tendance haussière.

Par Feriel Nourine
A Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, grimpait sur l’InterContinentalExchange pour s’afficher à 84,56 dollars le baril vers la fin de la matinée. La référence européenne gagnait à ce moment 1,00% par rapport à la fermeture d’avant le week-end.
De son côté, le West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de décembre avançait de 0,61% à 84,08 dollars sur le marché newyorkais.
L’entame de la semaine s’opérerait dans une ambiance de veille de réunion ministérielle de l’Opep+ regroupant l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, dont Russie, l’un des géants mondiaux du secteur. Les retrouvailles entre pays membres de l’alliance auront lieu jeudi par visioconférence, mais ne devraient pas apporter de changement à l’offre actuelle de l’Opep+, laquelle repose sur une hausse de sa production établie à 400 000 barils par jour depuis le 1er août dernier jusqu’à la fin de l’année.
Et même si la demande mondiale est en train de progresser, poussant les prix à des sommets depuis plusieurs semaines, l’Alliance ne serait pas prête à reconsidérer sa démarche pour le mois de décembre. La prudence est toujours de mise chez les pays engagés dans l’accord de réduction qui a permis aux prix de l’or noir de se dégager du fonds du puits dans lequel il avait été acculé par la pandémie de covid-19, avant d’effectuer une remontée rassurante pour les pays producteurs.
Mais ni les prix actuels, ni la demande en forte progression qui les soutient ces derniers ne semblent suffire pour convaincre l’Opep+ d’un retour rapide à sa production d’avant avril 2020, même si, de leur côté, les principaux consommateurs poussent pour une ouverture plus franche du robinet de brut afin de faire baisser les cours. Ces derniers tenteront sans doute «de se faire davantage entendre au cours de la semaine, en amont de la réunion», préviennent les analystes de ING. Ceci d’autant que le chef de file l’Opep, en l’occurrence l’Arabie saoudite, a déjà laissé entendre que l’alliance ne mettra pas sur le marché une augmentation de plus de 400 000 bj pour le mois prochain. Au début de la semaine dernière, le ministre saoudien de l’Énergie, Abdelaziz ben Salmane, avait, en effet, laissé entendre que les pays de l’Opep et leurs partenaires allaient maintenir en éveil la prudence dont ils ont fait preuve autour de l’alliance Opep+ dans le cadre de la production. En dépit de l’accalmie de la crise sanitaire et de la reprise de la demande mondiale, le principal artisan de l’accord de réduction conclu entre l’organisation et ses alliés ne veut pas prendre le risque d’ouvrir les vannes et opte pour le renouvellement de la prudence, considérée jusque-là comme une carte maitresse dans la démarche adoptée par l’Opep+. «La crise est en quelque sorte contenue, mais elle n’est pas encore terminée, nous devons faire attention à ne pas prendre les choses pour acquises», a expliqué Abdelaziz ben Salmane. Jeudi dernier, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, intervenait dans le même esprit, mettant en avant la politique gagnante de l’alliance et la nécessité de ne pas la changer pour le moment.
«La situation du marché pétrolier indique que l’augmentation en décembre de la production des pays membres de l’Opep+ ne devrait pas dépasser 400 000 barils par jour», a souligné M. Arkab à une semaine de la réunion ministérielle de l’Opep+. M. Arkab a expliqué que «lOpep+ a fait un excellent travail, en soutenant la stabilité du marché pétrolier dans l’intérêt de tous et doit continuer à agir de manière proactive, en tenant compte du fait que les risques et les incertitudes restent élevés». <