La librairie Multilivres Cheikh de Tizi Ouzou a fait le plein, samedi dernier, à l’occasion de la vente-dédicaces organisée par l’écrivain Amin Zaoui autour de son essai « la Boîte noire de l’islam».

En plus des habitués des rendez-vous littéraires qu’organise cycliquement Omar Cheikh, le célèbre libraire de la ville des Genêts, les férus de lecture et des romans de l’auteur de «Le dernier juif de Tamentit» ont été nombreux à venir se faire dédicacer le dernier opus de l’écrivain.
Un moment de convivialité et d’échange d’idées avec l’ex-directeur de la BN. Sourire en coin, et arborant sa jovialité habituelle, Amin Zaoui s’est prêté aux prises de photos et autres selfies avec ses lecteurs dont beaucoup de jeunes étudiants et de femmes.
A Tizi Ouzou, Amin Zaoui se sait en terrain conquis, puisque ses lecteurs sont nombreux et ses idées et positions trouvent un terreau et sont partagées par beaucoup de citoyens, pas nécessairement, ses lecteurs. Interrogé sur les raisons qui l’ont amené à écrire et à publier un essai sur les dérives sectaires de l’islam importé et la prolifération de faux dévots et d’adeptes d’une religiosité ostentatoire, signe d’une régression qui imprègne presque tous les compartiments de la société, Amin Zaoui dit vouloir faire œuvre de pédagogie, à travers son ouvrage.
Dans ce champ social gangrené par la confusion faisant reculer, chaque jour, la saine spiritualité et l’attachement à l’islam de nos parents, il se fait, en quelque sorte, lanceur d’alerte sur les menaces qui pèsent sur « la cohésion sociale et le vivre ensemble». « J’ai voulu attirer l’attention sur les blocages que vit le monde musulman. Mon livre s’adresse surtout aux jeunes. C’est un plaidoyer pour la laïcité et contre l’intégrisme et l’islamisme, en disant que la laïcité n’est nullement contre l’islam », dira A. Zaoui.
Il évoquera les autres thèmes contenus dans son opus où est dénoncée la condition peu enviable réservée à la femme qui pâtit le plus du blocage qui touche le champ de la spiritualité dans le monde musulman. L’aliénation historique des Algériens dont beaucoup oublient que leurs racines sont berbères, africaines et méditerranéennes.
« Nous sommes trop orientaux, nous regardons beaucoup vers l’Orient et nous avons oublié que nos racines sont berbères, africaines et nous sommes aussi des Méditerranéens.
Nous nous sommes contentés d’une petite fenêtre pour regarder et être soumis à l’Orient et nous avons oublié que nous pouvons regarder vers le Sud, le Nord et l’Ouest », se désole l’invité de la librairie Multilivres Cheikh de Tizi Ouzou, dont le livre est aussi une défense de la pluralité linguistique et culturelle de notre pays. « Nous sommes un pays fort grâce à sa pluralité sur les plans culturel et linguistique. Les langues parlées en Algérie (arabe, tamazight, français et arabe dialectal) sont un trésor qu’il faut défendre », dira Amin Zaoui qui met en garde « contre un enfermement linguistique et culturel stérilisant ».n