Quelques semaines nous séparent de la rentrée scolaire 2022-23. Ainsi, pour mener à bien cette nouvelle année, le ministère de l’Education nationale se penche sur les préparatifs et la mise en œuvre des opérations importantes. Le premier responsable du secteur Abdelhakim Belabed a mis l’accent, lundi, sur la nécessité de bien préparer la prochaine rentrée scolaire 2022-23 à travers «le suivi de toutes les opérations y afférentes», indique un communiqué du ministère.

PAR MILINA KOUACI
Le ministre, qui présidait par visioconférence les travaux d’une conférence nationale en présence de cadres de l’Administration centrale, de directeurs de l’Education, de Secrétaires généraux et de chefs de département au sein des Directions de l’Education, a insisté sur la nécessité d’une bonne planification de la prochaine rentrée en veillant, en premier, à ce que les nouvelles structures soient conformes à toutes les normes avant leur réception, d’autant que la commission ministérielle chargée de la réalisation des établissements éducatifs se réunira en session extraordinaire du 24 août au 6 septembre 2022.
Il a affirmé que la prochaine rentrée scolaire «sera d’autant plus exceptionnelle que le secteur de l’Education connaîtra d’importantes nouveautés, ce qui en appelle à une préparation minutieuse, une présence sur le terrain et davantage de vigilance», ajoute la même source.
Dans ce cadre, il a ordonné aux cadres chargés du suivi et de la mise en œuvre des recommandations de la Conférence nationale, tenue les 12 et 13 juillet dernier, de continuer à assurer le suivi des opérations qui leur ont été confiées, d’être sur le terrain et de redoubler de vigilance. A ce propos, il a relevé l’impératif d’assurer «une bonne préparation et planification» en s’assurant de la conformité des nouvelles structures à toutes les normes.
Concernant l’enseignement de l’anglais au cycle primaire, le ministre a réaffirmé «la pleine disponibilité» du secteur à prendre en charge ce dossier dans tous ses aspects, dès la prochaine rentrée scolaire, en application de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Une décision qui sera mise en œuvre dans ses volets relatifs au programme, au manuel scolaire, à l’encadrement, à la formation et aux réglementations pédagogiques appropriées, a-t-il assuré.
Il a aussi insisté sur l’actualisation des informations de la plateforme numérique du ministère de l’Education qui permet une gestion rapide et efficace notamment en ce qui concerne les logements de fonction du secteur. Le ministre a exigé de ses cadres de multiplier les visites de terrain afin de résoudre avec «responsabilité et professionnalisme» l’ensemble des problèmes pouvant survenir à l’approche de la rentrée scolaire. Il leur a rappelé aussi la nécessité d’instaurer des journées d’accueil aux cadres des directions de l’éducation (directeurs d’établissements scolaires et inspecteurs) afin qu’ils puissent accomplir au mieux leurs missions. Enfin, le ministre a demandé l’activation de tous les conseils dans les établissements d’enseignement et la restauration de l’autorité pédagogique et des cellules d’accueil.

APPEL AU RETOUR A L’ORGANISATION SCOLAIRE NORMALE
Le ministère de l’Education nationale ne s’est toujours pas exprimé sur le mode d’enseignement qui sera adopté à la prochaine rentrée scolaire. Le comité scientifique est censé décider du maintien du mode de scolarisation par répartition de groupes, depuis deux années, dans le cadre des mesures prises pour faire face à la pandémie de coronavirus ou d’autoriser le retour à l’organisation scolaire normale.
Des syndicats appellent au retour à l’organisation scolaire normale, de construire des écoles et d’ouvrir des postes budgétaires. «Il n’y a pas de raison de maintenir la répartition de groupe qui a prouvé ses limites. Sur le plan pédagogique, les programmes ne sont pas terminés et les enseignants sont sous la pression de la charge du volume horaire et de répéter le même cours dans plusieurs groupes», estime Boualem Amoura, secrétaire du Satef. Les directeurs de l’enseignement primaire ont également demandé de revenir à l’organisation scolaire normale en raison de ce qu’ils qualifient de «conséquences négatives» sur le niveau scolaire des élèves. «Avant l’adoption des mesures de lutte contre le coronavirus dans les écoles, l’élève avait un volume horaire de 30 heures par semaine. Les deux dernières années, il a été réduit à 10 heures. Ce qui est insuffisant pour l’acquisition de connaissance par les élèves», regrette le président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep).
Pire encore, dans les collèges et les lycées, les enseignants font des heures supplémentaires qui ont impacté «négativement» leur efficacité et leur rendement en raison de l’augmentation du volume horaire. Cette année, le nombre d’élèves connaîtra une hausse de près de 4,3% en accueillant un total de 10 977 642 élèves, tous cycles confondus. «Nous demandons l’ouverture de postes budgétaires pour éviter la surcharge des classes, et la charge horaire des enseignants», demandent ces derniers. M. Gaïd estime, également, que la gestion des établissements scolaires était «moins fatigante» pour les proviseurs avant l’adoption du mode d’enseignement par répartition de groupe. n