PAR Milina Kouaci
Alors que les examens de fin de cycle sont programmés dans les tout prochains jours, les élèves de terminale et de 4e AM, faute de cours de soutien au sein de leurs établissements, ont recours aux cours payants dans les matières principales.
L’ampleur des cours particuliers et les tarifs imposés suscitent depuis toujours des réactions, notamment cette année, au cours de laquelle des parents qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie de coronavirus ne peuvent plus répondre financièrement à la demande de leurs enfants, candidats aux épreuves de fin d’année.
La pratique de plus en plus présente à mesure qu’approchent les épreuves du BEM, qui auront lieu à partir du 15 juin, et celles du BAC à partir du 20 juin, n’est pas sans provoquer un agacement chez les parents d’élèves. «Nous constatons une grande affluence des élèves des classes d’examens aux cours particuliers, nous aurions préféré que les enseignants dispensent des cours de soutien dans les établissements et non en dehors de l’enceinte scolaire», dit Khaled Ahmed, président de l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE).
Il rappelle que l’année écoulée, les élèves avaient bénéficié de séances de révision de 10 jours pour réactualiser leurs connaissances acquises après une rupture de six mois des bancs de l’école. Malheureusement, ce n’est pas le cas cette année, regrette Khaled Ahmed. A en croire le président de l’ANPE, quelques écoles ont ouvert les portes pour des cours de révision, indiquant cependant que les élèves s’orientent vers les écoles privées, garages ou tout autre espace qui sert d’abri aux enseignants dispensant des cours particuliers.
«Au lieu d’apposer des affiches et des annonces un peu partout pour des cours particuliers, il serait judicieux que les enseignants encouragent leurs élèves à prendre des cours dans l’école publique et d’assister aux cours de révision pour une meilleure assimilation sans contrepartie et non dans des garages ou autres lieux parallèles à l’école. Pour le président de l’ANPE, les prix sont exorbitants pour les familles à faibles revenus ou sans ressources. «Les enseignants oublient que les élèves sont issus de différentes conditions sociales et que la pandémie de coronavirus a fait perdre des emplois à de nombreuses familles», poursuit notre interlocuteur. Les parents payent entre 2 500 et 3 000 DA par mois pour une seule matière. Lorsqu’un élève suit des cours dans deux ou trois matières essentielles, «la charge financière devient insupportable. «Les parents veulent que leurs enfants réussissent à tout prix et obtiennent une excellente moyenne afin d’opter pour la spécialité de leur choix à l’université ou au lycée, ils inscrivent ainsi leurs enfants pour ces cours», explique le président de l’ANPE. Afin d’éviter des erreurs dans les sujets d’examen, l’ANPE exhorte l’Office national des examens et concours (Onec) de multiplier les vérifications et les inspections pour les éviter et, par conséquent, d’induire les élèves en erreur. «Ce n’est pas tous les élèves qui font attention aux erreurs contenues dans les sujets d’examen, il faut être vigilant pour ne pas induire en erreur les candidats», ajoute Khaled Ahmed, qui salue les sacrifices et les efforts déployés par toutes les parties concernées (inspecteurs de l’Education nationale, cadres, enseignants et autres personnels) dans le cadre de la préparation des examens officiels. Khaled Ahmed appelle les parents d’élèves à ne pas se regrouper devant les établissements pour éviter la propagation de coronavirus. «Si la 5e se déroule en une seule journée, l’examen du BEM s’étalera sur trois jours et celui du BAC entre 4 et 5 jours, ce qui appelle à un surcroît de vigilance et de discipline», dira-t-il. <