La pression tend à s’exacerber à quelques jours de la décision attendue du président américain Donald Trump sur l’accord nucléaire iranien et sur un éventuel retrait. Un retrait qui pourrait avoir des conséquences incalculables. Téhéran a d’ailleurs averti hier que les États-Unis regretteraient «comme jamais» leur éventuel retrait de l’accord.

«Si les États-Unis quittent l’accord nucléaire, vous verrez bientôt qu’ils le regretteront comme jamais dans l’Histoire», a dit le président iranien Hassan Rohani. L’accord sur le nucléaire iranien a été paraphé en juillet 2015 à Vienne entre Téhéran et les Occidentaux avant l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump. Ce dernier a toujours exprimé son scepticisme à propos de cet accord signé par son prédécesseur Barack Obama au nom des Etats-Unis. Critiquant toujours cet accord conclu sous la présidence Obama, Trump a donné aux Européens jusqu’au 12 mai pour trouver un nouveau texte de l’actuel, faute de quoi les États-Unis s’en retireront.
A l’approche de cette date, les voyants semblent au rouge et la tension monte. Les Iraniens ne semblent pas disposés à accepter une volte-face des Américains sur un dossier qui avait coûté un bras de fer interminable durant une décennie. Avec une menace permanente de conflagration. Jeudi, un conseiller de l’ayatollah Ali Khamenei a affirmé que l’Iran quitterait l’accord si Washington mettait sa menace à exécution. Même topo de la part de Rohani et son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. «Quelle que soit la décision de Trump, nous résisterons», a déclaré le président Rohani assurant avoir donné «les ordres nécessaires», à l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), en prévision de la décision de Trump. Téhéran a averti qu’un retrait des Américains de cet accord libèrerait l’Iran de ses obligations qui se retirerait à son tour du TNP (traité de non-prolifération).

Sujet de controverses
Du côté des Européens, la situation semble plus nuancée sur cette question. Globalement, contre un retrait de l’accord, certaines capitales européennes veulent en modifier des termes, et exiger des clauses sur la question des missiles. Ce que refuse catégoriquement l’Iran. Téhéran «construira autant de missiles et d’armes» que nécessaire pour sa défense, a affirmé Rouhani. «Nous respectons notre engagement, mais nous disons clairement au monde entier (que) nous ne négocierons avec personne sur nos armes et notre défense.» Le président iranien a également souligné que l’Iran était prêt à discuter des questions régionales mais pas à abandonner son combat «contre le terrorisme». «Nous voulons parler avec le monde pour que notre région soit sûre», mais «nous ne vous permettrons pas de créer un nouveau Daech», a affirmé Rohani. Du côté européen, on continue de souffler le chaud et le froid.
Dans un entretien publié par le «Journal du Dimanche» le président français Emmanuel Macron a évoqué la nécessité de «compléter l’accord de Vienne» afin d’éviter une escalade dans l’ensemble du Moyen-Orient. «A mes yeux, nous devrions conserver l’accord de Vienne et le compléter» en discutant avec l’Iran des sujets de controverses. De son côté, le ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, entame une visite de deux jours à Washington, lors de laquelle il sera évidemment question de l’Iran. Mardi, Johnson avait estimé qu’il fallait «maintenir» l’accord, «tout en le développant, afin de tenir compte des préoccupations légitimes». Alors que Trump s’est entouré de faucons qui ne cachent plus leurs velléités bellicistes envers l’Iran ce dernier semble plus déterminé que jamais.
«Aujourd’hui, toutes les tendances politiques, qu’elles soient de droite, de gauche, conservatrices, réformatrices et modérées, sont unies», a-t-il souligné : «Trump doit savoir que notre peuple est uni.»