Le ministre de l’Energie Mustapha Guitouni défend mordicus le projet d’exporter l’électricité vers l’Espagne par un câble sous-marin et de la sorte pouvoir se mettre en Bourse de l’électricité de ce pays. Le ministre, qui s’exprimait lors d’un point de presse organisé hier en son siège, à l’issue de la présentation par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) du plan de présentation des programmes des besoins nationaux en électricité et l’approvisionnement du marché en gaz naturel, s’est dit étonné d’apprendre que « ce projet est voué à l’échec bien avant sa mise en œuvre». Aux opposants de cette initiative, il a argué : « C’est après avoir bien étudié la faisabilité du projet sons toutes ses facettes et convaincu qu’il va falloir dès à présent prospecter des débouchés au surplus de production électrique inexploité pendant pratiquement dix mois de l’année. » Faisant remarquer au passage à l’assistance et aux médias : « La consommation électrique nationale a une drôle de courbe. Elle est à son apogée entre la fin du mois de juin et le mois d’août, et les autres mois, la production dépasse largement les besoins en énergie électrique. Et du coup, nous nous retrouvons avec 5 000 à 7 000 MW inexploités. » Et de s’interroger :
« continuer à tolérer une telle situation est-ce raisonnable ? » Guitouni a ajouté, avant de clore ce chapitre :
« Il faut que ceux qui se prononcent sur le sujet sur les plateaux de télévision sachent que nous allons en Bourse pour vendre notre excédent d’électricité.
C’est d’ailleurs une alternative incontournable dans la mesure où le pays dispose actuellement d’une capacité de production d’électricité de 19 000 mégawatts et d’un excédent de 9 000 mégawatts en hiver. »
A propos de l’évolution excessive de la consommation nationale d’électricité, constatée ces dernières années, comme l’a mise en exergue le CREG dans sa présentation, le ministre n’a pas mâché ses mots. « Nous devons changer notre mode de consommation de plus en plus excessif et qui frise l’irresponsabilité », s’est-il offusqué.
Rappelant que « le prix de revient à la production du KW est de 12 DA, nous le cédons à 4 DA, soit un écart de 8 DA que supporte le Trésor public ». Toujours au sujet du tarif de consommation, le ministre soutient : « On ne peut plus rester sous ce modèle de paiement car ce sont les gros consommateurs qui en profite le plus. Et donc il serait plus juste d’instaurer un nouveau barème où cette dernière catégorie soit incluse à un niveau supérieur de tarification. » Concernant les énergies renouvelables, M. Guitouni a tenu à préciser à l’adresse de certains qui avancent que le pays a pris du retard dans ce domaine, voire même trop de retard, il a rétorqué : « C’est faux, car le temps nous a donné raison.
Preuve en est, non seulement l’équipement est de moins en moins cher mais aussi plus performant. » Il a ensuite évoqué les objectifs dans le domaine de mise en exploitation des énergies renouvelables. Faisant savoir que la production serait de
2 000 MW avant 2020. « Un volume de production qui sera atteint par l’entremise d’investisseurs dans le domaine. » Et à ce titre, il a annoncé : « la CREG a accusé réception à ce jour 74 dépôts de dossiers d’investissement dans le photovoltaïque. C’est pour dire tout l’engouement des opérateurs à vouloir se lancer dans ce secteur d’activés. » Autre sujet abordé par le ministre, celui des carburants. « Notre capacité de stockage est passée de 12 à 30 jours et nous visons une production nationale de 50 millions de tonnes par an, dont une partie sera exportée », a rapporté le premier responsable du secteur de l’énergie.
Toujours sur le même sujet, il a précisé : « Le volume de consommation de carburant, enregistré en 2018, s’est élevé à 15 millions de tonnes dont 3,5 millions de tonnes importées ». Interrogé sur la stratégie de Sonatrach consistant à investir dans d’autres pays, le ministre a répondu : « Toutes les grandes compagnies pétrolières du monde le font, pourquoi pas notre compagnie ? Et d’ailleurs cela pourrait être un moyen de grimper dans le classement des grandes compagnies. Le P-DG de Sonatrach vise la cinquième place. C’est à notre portée. » Autre question toujours en rapport avec la Sonatrach, qui ne trouvait pas sur la place financière « une banque qui pourrait en partie financer ses besoins d’investissements», Guitouni a répondu tout de go : «les plus grandes sociétés sollicitent les banques. » Enfin, sur la question des augmentations de salaire annoncées par la Sonatrach, le ministre a dit : « Cela relève des prérogatives du conseil d’administration de la compagnie pétrolière, seul habilité à prendre une telle décision. »n

500 000 véhicules roulent au GPL
Selon le P-DG de Naftal, Rachid Nadil, rencontré en marge de la présentation du programme du CREG, le parc roulant au gaz propane liquéfié (GPL) s’élève actuellement à 500 000 véhicules. Toujours d’après ce responsable, 120 000 véhicules ont été équipés de kit GPL en 2018 dont 20% par Naftal. « Nous comptons augmenter nos capacités d’équipements dans les mois à venir », a-t-il annoncé. C’est une bonne nouvelle dans le sens où ce responsable a indiqué que les demandes de conversion déposées auprès de ses services sont de plus en plus nombreuses. C’est pour dire que la file est longue.