Par Yazid Miloudi
Plus l’année 2022 approche, plus les inquiétudes grandissent. Elles sont multiples certes, mais celles qui toucheront directement les citoyens sont les plus appréhendées. Et parmi elles, il y a les changements attendus de l’application de la loi des finances 2022. L’intervention hier du Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, devant les députés a été une occasion de voir plus clair. «Clair» n’est cependant pas le terme le plus adéquat. Effectivement, le Premier ministre a rappelé les grandes lignes des changements qui devront toucher les subventions, avec la refonte annoncée depuis plusieurs mois, mais il reste, et il faut le préciser, les détails. Et ces derniers sont (et le seront jusqu’à leur divulgation) très attendus. Ça concerne les ménages qui pourront profiter des transferts monétaires, présentés comme l’alternative aux subventions généralisées appliquées jusqu’à ce jour. Comment seront établis ces listes ? Le Premier ministre a indiqué qu’une commission sera installée pour mettre en application ce saut qui va sans aucun doute susciter de nombreux remous.
L’histoire est là pour rappeler qu’à chaque fois qu’il a été question d’établir des listes (l’exemple pas lointain de celles des bénéficiaires des logements sociaux reste encore dans les mémoires), l’anarchie était rendez-vous. D’où le poids énorme qui est déjà sur les épaules de ceux qui vont devoir siéger dans cette commission. Ce qui est sûr, c’est que cette réforme des subventions va rester encore longtemps au-devant de la scène. Pour le moment, les citoyens n’ont encore rien de concret, et sont en situation d’attente. D’autant plus que ni la classe politique ni les syndicats ne semblent donner de l’importance à ce dossier.
Le gouvernement sera également surveillé sur sa promesse de canaliser la politique sociale sur les secteurs de la santé et de l’éducation, tout en soutenant les salaires. De changements radicaux sont donc en gestation au niveau des bureaux et que devront affronter les citoyens dans quelques semaines.