: Par Feriel Nourine
Les usines automobiles confisquées par la justice aux hommes d’affaires condamnés définitivement dans des affaires de corruption pourraient être intégrées dans un grand pôle industriel dédié à l’industrie mécanique, rapporte Echourouk.
La décision est même officielle et le ministère de l’Industrie a été instruit d’agir dans ce sens en créant ce pôle qui regrouperait les usines Sovac de Mourad Oulmi, Tahkout Manucaturing Company (TMC), Eurl GM Trade de Maazouz et Iveco de Baïri, précise Echourouk, citant des sources auprès de la tutelle.
Le département dirigé par Ahmed Zeghdar travaille sur ce dossier au moment où les pouvoirs publics ont décidé de relancer l’activité d’installation automobile «en négociant avec 13 propriétaires de grands complexes industriels à l’étranger pour investir en Algérie, tout en limitant le nombre de nouveaux propriétaires d’usines, car l’industrie mécanique nationale n’a pas atteint le stade d’une activité de manutention spéciale pour organiser la production et la fabrication de pièces de rechange locales et de fournitures de l’industrie mécanique», a-t-on souligné.
Pour rappel, au début du mois en cours, M. Zeghdar avait indiqué, à l’APN, que dans le cadre des décisions de confiscation des biens prononcées par la justice à l’encontre des hommes d’affaires et les hauts responsables du pays, condamnés définitivement dans les multiples affaires de corruption, dix entreprises reprises par l’Etat vont reprendre leurs activités avant la fin de l’année.
Ces entreprises passeront donc sous le giron du secteur public et s’ajouteront aux 15 autres dont la relance a été également annoncée par le même ministre, le 26 mai dernier, suite à l’adoption de plans nationaux de redressement approuvés par le Conseil de participation de l’Etat.
Parmi les entreprises 10 entreprises confisquées par la justice et susceptibles à la remise en marche, le même responsable a été interrogé sur le cas du projet de la cimenterie d’Ain El Ibel dans la wilaya de Djelfa, conclu entre le groupe ETRHB et un partenaire chinois, et qui se trouve à l’arrêt suite à la confiscation de la part du groupe Haddad (51 %). Un travail est en cours pour la relance de ce projet en vue de le programmer pour examen au niveau du Conseil des participations de l’Etat (CPE) dans le cadre de la prise en charge des entreprises à l’arrêt faisant l’objet de confiscation par décisions de justice, a expliqué l’intervenant devant les sénateurs.
L’annonce de la reprise par l’Etat d’entreprises confisquées et leur transfert au secteur public avait été faite en décembre dernier par le directeur général du secteur public commercial au ministère de l’Industrie, Bendif El Houssein. Plusieurs oligarques sont concernés par cette mesure, dont Ali Haddad, les frères Kouninef, Mahieddine Tahkout et Maazouz qui avaient amassé d’énormes fortunes de manière illicite sous l’ère du président déchu, Abdelaziz Bouteflika. n