Ramadhan approche à grands pas et avec lui l’appréhension des ménages qui sont désormais habitués à une flambée des prix et une anarchie dans le secteur du commerce durant ce mois béni.

Ce sera le premier vrai défi pour le ministre Saïd Djellab, qui vient de dévoiler les grandes lignes de sa stratégie, visant à réinstaurer l’autorité de l’Etat dans les marchés. Il a même annoncé un « Bourse » des prix qui permettra à la tutelle de garder le contrôle sur les prix affichés à travers le pays. A Oran, les citoyens croisent les doigts et espèrent que les prix qui sont relativement bas ces derniers jours garderont la même barre durant les semaines à venir. Avec la pomme de terre proposée ce week-end à 30 et 35 DA et la tomate à 60 DA, la situation semble aller dans le bon sens en cette période de grande disponibilité de produits agricoles. Les ardoises affichent donc des prix des aliments essentiels légèrement en baisse par rapport aux derniers mois. Mais, selon les observateurs, ce n’est que le calme qui précède la tempête. Il faut dire que ce mois, censé être celui de la charité, est devenue l’occasion pour les marchands de gagner un maximum d’argent. Les méthodes et les commerces changent, mais la stupéfaction des ménages reste toujours la même. La spéculation, un véritable casse-tête, que les responsables n’ont pu éradiquer en dépit des fameuses déclarations et initiatives chimères, tout est donc permis pour crucifier encore plus le simple citoyen. Selon plusieurs vendeurs, cette période, est celle du stock de la marchandise très demandée pour le prochain mois sacré. « Les prix prennent petit à petit l’ascenseur et le pire est à venir. C’est la responsabilité des mandataires, je vous le dis clairement », dira un vendeur de fruits et légumes au marché du Plateau. De l’autre côté, le commerce illicite fleurit durant ce mois, les pseudos-commerçants profitent pour étaler ou même se reconvertir vers les produits de grande consommation, à l’image des gâteaux orientaux. Mais avec la chaleur qui va régner, les cas d’intoxication risquent d’être nombreux. Malgré cela, ces vendeurs véreux sont toujours aussi sollicités par les citoyens face aux prix inabordables proposés par les boucheries et les vendeurs de fruits et légumes. Et comme à chaque fête religieuse, les spéculateurs vont avoir le dernier mot, face à une anarchie indescriptible qui caractérise les transactions commerciales, le simple citoyen devra, comme d’habitude, faire face à ces agissements, seul contre tous. Du côté du marché d’El Kerma, les fruits et légumes sont disponibles, mais selon les commerçants détaillants, c’est au niveau de ce marché que les prix doivent être régulés, voire fixés, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, qui ne cesse de dégringoler. Pendant ce temps, et comme à son habitude, la direction du commerce se contente d’opérations de contrôle inopinées au niveau de certains magasins de la ville, et néglige le lieu le plus important du commerce local, en l’occurrence le groupement commercial d’El Kerma. C’est d’ailleurs le même constat durant les autres fêtes où rien ne marchera conformément aux déclarations officielles des responsables. Une responsabilité partagée par l’EPIC chargée de la gestion de ce grand marché, qui doit focaliser sur le contrôle de la marchandise, et informer les responsables locaux afin de régir, pour venir au bout du problème, et assainir ce secteur important de l’économie de la wilaya. Pointés du doigt, cette fois  par leurs clients directs, ces mandataires n’ont désormais aucune excuse à contrôler le marché dans cette anarchie, une main de fer les obligera à rentrer dans l’ordre, car les déclarations des responsables du ministère et la réalité du terrain se contrarient, et les grands perdants ce sont les ménages qui traversent une période difficile avec un maigre pouvoir d’achat.