Par Hamid Bellagha
La confiance, le maître-mot entre deux parties, est l’arme fatale nécessaire à tout dialogue. C’est ce qui est en train de s’instaurer, apparemment, entre la présidence et le FFS.
En effet, le parti cher au regretté Hocine Aït-Ahmed avait déjà compris, il y a quelques années, que la politique de la chaise vide ne faisait que combler, vainement bien sûr, un tonneau de Danaïde d’incompréhension et de suspicion. Le Front des forces socialistes s’est toujours attablé autour de la console du dialogue, même s’il devait claquer la porte devant des divergences insurmontables entre les tenants du pouvoir du moment.
Aujourd’hui, quoi de mieux pour célébrer le 60e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale que de tendre la main à tous les partis, syndicats, associations et société civile.
Ce geste du président Tebboune serait-il l’aune d’une nouvelle politique de réconciliation à tous les niveaux de la société ? Toutes les âmes de bonne volonté seraient prêtes à y croire tant les rendez-vous précédents avaient été marqués par le sceau de l’échec.
Le pouvoir devrait, selon le communiqué du FFS, faire preuve d’apaisement et d’ouverture envers les voix que l’on pense discordantes et permettre à l’opposition savante et constructive d’avoir un avis dissemblable. La liberté d’expression ne devrait plus figurer au code pénal et la confiance, un préalable à tout dialogue.
En substance, le parti d’Aouchiche, droit dans ses bottes, voudrait des actes concrets loin de la démagogie et du populisme qui caractérisaient généralement ce genre de rencontres par le passé.
A l’ombre du 5-Juillet, Tebboune s’essaie à instaurer un conciliabule entre toutes les forces vives de la nation et ne plus se contenter d’un « front présidentiel ». Le syndicat de Salim Labatcha, déjà reçu par le président, a joint à une oreille attentive une attente de l’amélioration de la situation des travailleurs, faisant preuve d’une présence d’un partenaire social et non d’un serviteur du pouvoir dans des habits syndicaux comme l’avait fait l’UGTA ces vingt dernières années.
Etre présent à un dialogue n’est pas une garantie d’un chèque à blanc pour le pouvoir, mais le désir d’une écoute des propositions émises, par les tenants de ce même pouvoir.
Il appartient à El Mouradia d’adresser des appels forts d’une détermination de changement et d’ouverture politique au moment où le peuple algérien se prépare à commémorer le soixantième anniversaire de l’indépendance nationale. Ce serait la meilleure façon de cocher cette circonstance et d’honorer le serment fait aux chouhada et de restituer l’espoir à tout un peuple.