Le président du parti Jil Djadid, Soufiane Djilali, a encore une fois souligné, hier, que la meilleure solution à la profonde crise politique que traverse le pays et le prolongement du mouvement populaire du Hirak est dans les futures Assemblées à travers le processus électoral pour la construction d’un véritable projet national de société forte.
S’exprimant à l’occasion du congrès célébrant le 10e anniversaire de la fondation du parti Jil Jadid, qui s’est déroulé au théâtre communal d’Alger centre, Soufiane Djilali a tenu à rappeler que son parti avait contribué à l’étincelle du mouvement populaire du Hirak, car tous les militants du parti étaient dans la lignée d’une opposition forte qui a de tout temps dénoncé les carences du système. Il a tenu également à mettre en exergue le fait que si les membres de son parti, présents dans l’arène politique depuis 1989, avaient été des opportunistes en quête de poste de pouvoir, ils les auraient obtenus. Mais, la ligne de conduite du parti a toujours été d’œuvrer à trouver des solutions pour améliorer la situation politique, sociale et économique de l’Algérie en faisant abstraction des intérêts personnels, s’est-il défendu.
Toutefois, il a souligné que dans le contexte actuel de construction d’un nouveau modèle de société, basé sur la transparence et les règles démocratiques, le parti Jil Jadid regorge d’une nouvelle génération de cadres formés pour participer au fonctionnement de l’Etat. C’est dans cet esprit de fédérer les différentes énergies pour la construction d’un Etat algérien sur des bases saines et solides que le président du parti Jil Jadid s’interroge sur les sorties médiatiques de certaines personnes qui appellent à «l’effondrement total» des structures étatiques qui portent la nation sans proposer de mécanismes de reconstruction pérenne. Il insiste, dès lors, sur le fait que «le dialogue est une étape très importante maintenant, compte tenu de l’opportunité historique présentée, qui pourrait faire passer l’Algérie à une autre étape cruciale», estimant qu’«au lieu de rejeter le dialogue qui pourrait conduire au retour du renfermement des autorités ou le risque accru de retourner dans le scénario des années 90 et des événements tragiques qui ont secoué récemment la Syrie, le Yémen et la Libye suite au printemps arabe». Soufiane Djilali a ainsi pointé du doigt les propositions de certains pour une assemblée constituante, rappelant, d’une part, les divergences flagrantes qui sont apparues dernièrement dans les rangs du Hirak et, d’autre part, que ce genre de proposition mènera inéluctablement à un recours à la force au lieu d’élections transparentes.
Mettant en relief la nécessité de changer en grande partie la classe politique, Soufiane Djilali souligne ainsi «l’aggravation de la situation plus qu’elle ne l’était», accusant certaines parties «d’essayer d’alimenter la colère populaire», qu’il reconnaît «comme légitime». Il confie à ce sujet qu’il ne blâme pas ceux qui sortent à ce jour au sein du Hirak, sauf que «les choses doivent être examinées de manière réaliste», commentant certains slogans persistants sur la demande de départ du régime actuel que «le système n’est pas une entité qui a des frontières qui peuvent être changées comme s’il s’agissait de pièces de rechange».